42e jour du procès AEG : témoignage d’une experte en ressources humaines et d’un expert en toxicomanie
Au début de la séance d’aujourd’hui, en l’absence du jury, le débat fastidieux entre les avocats s’est poursuivi au sujet d’un document imprimé présenté hier au tribunal par l’avocate de la société.
Hier, au tribunal, on a soutenu que si la société avait effectué une vérification des antécédents financiers de Murray, elle aurait constaté qu’il n’était pas qualifié pour être embauché, et que Murray aurait donc été renvoyé. L’avocate de la société, Jessica Bina, a présenté un document affirmant que la loi interdit les vérifications des antécédents financiers des personnes. Aujourd’hui, Panish a haussé le ton au tribunal et déclaré que l’affirmation de Bina avait induit tout le monde en erreur — y compris la juge.
« Ils disent que c’est une loi, un règlement officiel, mais ce n’est pas le cas. C’est simplement une façon de procéder dans certains cas. Si l’on induit le tribunal en erreur sur ce point, le jury sera lui aussi induit en erreur. »
Panish a également souligné que l’avocat principal de la société, Shawn Trell, qui avait témoigné plus tôt au tribunal, n’avait rien dit d’une ordonnance interdisant les enquêtes financières, et que la société n’avait jamais rien affirmé de tel auparavant.
La juge a dit que l’avocate de la société pouvait interroger le témoin à ce sujet, mais que ce document ne serait pas admis comme preuve au tribunal. La juge a alors demandé aux avocats de se concerter et de rédiger une déclaration qu’elle lirait au jury.
Ensuite, les jurés sont entrés dans la salle d’audience et la juge leur a lu la déclaration. La juge a dit que l’interdiction d’enquêter sur les antécédents financiers des gens n’est pas une loi ! Elle a précisé que le document présenté par l’avocate de la société ne serait pas admis comme preuve. Les jurés ont hoché la tête pour montrer qu’ils avaient compris.
Puis le témoignage de Jane Searight, l’experte en ressources humaines, s’est poursuivi.
Bina a demandé à Searight si elle connaissait le document présenté. Elle a répondu que oui, parce qu’il décrit la procédure, puisqu’un employeur ne doit pas faire de discrimination entre ses employés.
Bina a demandé si des études montraient un lien entre l’endettement et un meurtre ou des prescriptions médicales incorrectes. Searight a dit qu’elle ne le savait pas.
Bina a fait remarquer qu’avant Michael Jackson, Murray n’avait jamais fait de mal à aucun de ses patients. Searight a dit qu’elle n’avait étudié que les antécédents financiers de Murray. Son examen a montré que les remboursements de ses prêts bancaires avaient été retardés de 180 jours et que sa maison de Las Vegas avait été mise en vente par la banque — ce qui signifie incapacité à rembourser ses dettes et manque de qualification pour être embauché.
Bina a dit que le Dr Murray devait son devoir non pas à la société, mais à Michael Jackson. Searight a expliqué que le devoir de Murray était de s’occuper de Michael pendant la tournée organisée par la société. Bina a fait remarquer que Murray entretenait une relation de plusieurs années avec Michael, et Searight a dit que cela ne changeait rien.
Searight a aussi dit que si quelqu’un a travaillé pendant des années et qu’un certain temps s’est écoulé depuis sa dernière embauche, l’employeur doit effectuer de nouvelles vérifications pour l’embaucher de nouveau.
Bina a demandé : étant donné que Murray servait Michael depuis plusieurs années, fallait-il vérifier de nouveau ses antécédents pour l’engager pour la tournée ? Searight a dit qu’elle ne pouvait pas se prononcer sans évaluer les conditions qui existaient à l’époque.
Bina a fait remarquer que, selon une estimation de 2010, des vérifications des antécédents financiers étaient effectuées pour un faible pourcentage des embauches. Searight a dit que les employeurs ont toute latitude pour effectuer des vérifications, mais que leur mise en œuvre ne devrait pas créer de discrimination entre les employés. Searight estime que la société devrait vérifier les antécédents de ses sous-traitants indépendants de la même manière qu’elle le fait pour ses employés.
Après Bina, Panish a commencé à interroger Mme Searight.
Panish est d’abord revenu sur le document mentionné et a dit que Jessica Bina l’avait présenté au jury de manière incorrecte. Bina s’est opposée, et la juge — compte tenu de la déclaration qu’elle avait lue au jury au début de la séance — a demandé à Panish pourquoi il la répétait. Panish a expliqué qu’il voulait que la question soit clarifiée pour le jury, et la juge a dit que ce n’était pas nécessaire.
Panish a demandé à Searight quels aspects les entreprises vérifient lorsqu’elles évaluent les antécédents financiers et de crédit des candidats. Searight a expliqué que la pression financière peut avoir un effet négatif sur le comportement et le jugement des gens. Elle a ajouté que de nombreux organismes gouvernementaux vérifient de petits détails financiers parce qu’ils considèrent l’incapacité à payer ses dettes comme un facteur de risque.
Panish a ensuite demandé si, après avoir examiné le dossier de l’affaire quelque part, elle avait vu que la raison pour laquelle la société n’avait pas vérifié les antécédents financiers du Dr Murray était la crainte de créer de la discrimination envers ce médecin. Searight a dit qu’elle n’avait trouvé aucune discussion de ce genre dans les documents.
Panish a fait référence à l’estimation de 2010 présentée par Bina et a demandé si l’on pouvait décider de la nécessité ou non de vérifier les antécédents financiers des personnes travaillant dans le domaine de la santé à partir de cette recherche. La témoin a dit que la recherche de 2010 n’est pas fiable à cette fin.
Searight a précisé : « Je crois qu’AEG avait engagé le Dr Murray. » L’avocate de la société s’est opposée, et la juge a accepté l’objection et rappelé de nouveau que c’est le jury qui tranche cette question.
Searight a dit qu’en ce qui concerne la demande de Murray d’un salaire de 5 millions de dollars, elle s’était demandé : pourquoi un médecin réclamerait-il un salaire aussi élevé ? Elle y a vu un signal d’alarme. Randy Phillips, le PDG de la société, avait précédemment témoigné que la demande élevée de Murray s’expliquait par ses compétences médicales.
Panish a demandé à Searight : si elle avait été employée d’AEG, aurait-elle recommandé d’embaucher Murray ? Searight a répondu que certainement pas. Et que s’ils avaient insisté, elle aurait suggéré une enquête approfondie sur ses antécédents financiers et médicaux.
Panish : « La société a-t-elle eu tort de ne pas vérifier les antécédents du Dr Murray ? »
Searight : « Oui. »
Est ensuite venu le moment du témoignage du Dr Sidney Schnoll, expert en dépendance aux médicaments sur ordonnance. Il est venu à la barre pour les Jackson et a été interrogé par Michael Koskoff, l’avocat des Jackson.
Schnoll exerce cette profession depuis 1970, mais travaille comme consultant depuis 2001. La dernière fois qu’il a témoigné devant un tribunal remonte à quinze ans. Il a travaillé pour la NFL (National Football League). Dans son domaine, il a rédigé quarante chapitres. Il a aussi travaillé dans l’industrie musicale, notamment en collaborant avec les Rolling Stones. Il a dit que son approche de surveillance de la consommation de drogues est devenue un modèle courant dans les ligues professionnelles de baseball.
Le Dr Schnoll a dit que la dépendance aux médicaments est le résultat de la prise de certains médicaments.
« On les prend de façon continue, puis on arrête brusquement, et on développe des symptômes de sevrage, qui sont l’effet inverse du médicament. Si on continue d’en prendre, la tolérance augmente. Cela signifie qu’il faut une dose plus élevée pour que le médicament fasse effet. »
Schnoll a expliqué que si un patient prend un médicament de façon contrôlée et sous la supervision d’un médecin, il peut avoir une vie normale, même si une dépendance peut tout de même apparaître sous surveillance médicale.
Il a dit que l’addiction est une maladie chronique : le patient continue de prendre la drogue par un besoin irrépressible malgré les effets négatifs qu’il constate. La première cause de l’addiction est les antécédents familiaux et la génétique.
Le Dr Schnoll a dit que la dépendance aux médicaments est différente de la toxicomanie. Les personnes dépendantes ont besoin du médicament. Le but des toxicomanes est d’atteindre une sensation agréable. Pour savoir si quelqu’un est dépendant ou toxicomane, il faut examiner son comportement pendant la période où il prend le médicament.
Il a décrit l’une de ses patientes : une femme devenue dépendante aux analgésiques à cause de maux de tête, qui demandait à ses médecins de lui prescrire davantage de comprimés. Le Dr Schnoll a demandé à la femme de noter, dans un tableau, les moments où elle avait des maux de tête. Schnoll a alors constaté que sa patiente avait des maux de tête tous les jours vers 16 h, sauf les week-ends. Schnoll a dit que la femme ne prenait pas son déjeuner au travail. Il en a conclu que le déjeuner était l’ennemi de ses maux de tête. La femme ne l’a pas cru au début, mais après avoir pris ses trois repas, elle s’est améliorée.
Source : eMJey.com / AP et CNN
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