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Jour 16 du procès AEG : examen du contrat de production cinématographique avec Michael Jackson

Mai
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Les coulisses du nouveau film Smooth Criminal
Mercredi, Shawn Trell est venu à la barre pour être interrogé par l’avocate de la société, Me Jessica Bina, à la reprise de l’audience. La majeure partie de leur temps a été consacrée à la discussion des contrats de travail. Michael avait signé un contrat avec Tohme Tohme, dans lequel celui-ci était son directeur de programme, mais quelques mois plus tard, il l’avait annulé. L’avocat de la famille Jackson a dit que le paiement du salaire de Tohme Tohme par la société créait un conflit d’intérêts qui serait au détriment de Michael. Shawn Trell a dit que la société n’avait versé aucun salaire à Tohme Tohme parce que Tohme Tohme avait été renvoyé par Michael avant que ce paiement n’ait jamais lieu. Bien que la tournée This Is It ait dû être la dernière performance de Michael sur scène, l’examen du contrat signé entre Michael et AEG a montré qu’une fois la tournée terminée, un nouveau chapitre de la vie professionnelle du Roi de la Pop allait commencer : le cinéma. Une clause du contrat signé entre Michael et la société était consacrée aux films en 3D. Michael avait l’intention de montrer ces films aux spectateurs des concerts pendant les pauses. En vertu du contrat, la société avait alloué un budget de 1 million de dollars à la production de ces films* ; la production de trois d’entre eux a été menée à bien, mais ils sont restés inachevés après la mort de Michael. Une autre clause du contrat, signée le 28 janvier au domicile de Michael, autorisait l’artiste pop à participer aux projets cinématographiques de la société (la société de production de films appartenant à AEG). Ils s’étaient mis d’accord sur un maximum de trois films. La société fournirait à Michael 1 million de dollars pour travailler sur un scénario. Trell a dit qu’au début, Michael s’intéressait à un projet lié à une bande-annonce de court métrage. Aucun autre détail n’a été donné. Trell a dit qu’au 1er juin 2009, l’industrie du cinéma n’avait montré aucun intérêt pour le projet. Juin était la dernière échéance pour la signature de l’accord pour ce projet. AEG a proposé à Michael une prolongation du délai de signature jusqu’en octobre, mais Michael n’a jamais signé les documents de prolongation. Trell a dit : « Je sais que M. Jackson avait toujours de l’enthousiasme pour ce projet, et nous étions aussi prêts à l’aider à atteindre ce qu’il voulait. » Trell a aussi dit que, selon le contrat, le coût de production de la tournée était à la charge de Michael Jackson. Si un concert — ou toute la tournée — était annulé, il devrait payer toutes les dépenses. Ce témoin a aussi témoigné au sujet du contrat d’assurance de la tournée TII. Trell a témoigné au sujet de l’examen médical de Michael Jackson demandé par la compagnie d’assurance. Le courtier d’assurance, Bob Taylor, avait suggéré un spécialiste de l’oreille, du nez et de la gorge basé à New York pour évaluer la santé de Michael Jackson. Le médecin s’est rendu à Los Angeles en février 2009 pour effectuer l’examen. Il avait signé un accord de confidentialité, et pour cette raison Trell n’a jamais lu le rapport du médecin. Mais Taylor, le courtier d’assurance, lui a dit que le résultat de l’examen était satisfaisant et que Michael n’avait aucun autre problème que des allergies saisonnières. Michael avait réussi le test avec une excellente note. Un rapport médico-légal après la mort de Michael le confirme. Après ce test, la compagnie d’assurance a accepté d’assurer les 30 premiers concerts sur les 50 concerts This Is It pour 17,5 millions de dollars, même si les coûts de production de la tournée étaient bien supérieurs. AEG a continué de négocier avec la compagnie d’assurance pour augmenter le montant assuré. Il n’y avait aucun précédent d’une société n’assurant que la moitié d’une tournée. Trell a poursuivi les discussions avec le courtier d’assurance pour les persuader d’assurer aussi le reste de la tournée. Trell dit que leur effort visait à réduire l’écart entre les coûts et le montant assuré. Sur les formulaires, Michael figurait sous le pseudonyme « Mark Jones » pour garder son identité cachée. Trell a dit que l’utilisation d’un pseudonyme pour un artiste sur des formulaires d’assurance était inhabituelle. Une clause du contrat d’assurance stipulait que si, à la suite d’un abus de drogues (illégales), un problème survenait pour l’artiste et qu’il était incapable de poursuivre la tournée, la compagnie d’assurance n’aurait aucune responsabilité de payer des dommages. Trell a dit que si, pour des raisons autres que les exceptions énoncées dans le contrat (y compris la consommation de drogues), Michael Jackson était incapable de se produire — par exemple, si l’un de ses proches décédait et qu’il lui devenait émotionnellement impossible de se produire — alors l’assurance serait prête à payer les dommages. AEG voulait aussi que la tournée soit assurée en cas de maladie ou de décès, et la compagnie d’assurance n’acceptait de signer le contrat que si Michael passait un second examen médical. Trell a dit que faire passer un second examen à des artistes était inhabituel. Les Lloyd’s de Londres n’étaient pas disposés à signer un contrat d’assurance vie et maladie ni à assurer les 20 concerts restants à cause des rumeurs dans la presse selon lesquelles Michael souffrait de diverses maladies. Ces rumeurs n’étaient pas vraies, et Michael n’avait aucune de ces maladies, mais cela montre à quel point l’impact des médias peut influer sur la réussite ou l’échec de la carrière d’un artiste et sur la manière dont les décisions commerciales sont prises. Au tribunal, les gros titres des journaux de l’époque — ceux qui avaient relayé les prétendues fausses maladies de Michael — ont été présentés. De la paralysie et de son usage d’un fauteuil roulant, aux maux de dos, au cancer de la peau et à une infection pulmonaire, mais les journaux ne mentionnaient ni consommation de drogues ni problèmes de sommeil. Enfin, le second examen médical était prévu pour le 6 juillet. Mais Michael est mort avant qu’il puisse avoir lieu. Trell a dit : « Nous n’avions aucune raison de penser qu’il échouerait au second examen. » À 5 h 45, heure de Londres (21 h 45 le 24 juin à Los Angeles), Bob Taylor, le courtier d’assurance, a envoyé un e-mail à Conrad Murray, le médecin de Michael, pour l’informer que : "La compagnie d’assurance cherche des informations dans les cas suivants : - Des articles de presse sur l’artiste (Michael Jackson) utilisant un fauteuil roulant à différents moments, et si certains de ces cas résultaient d’un problème médical. - Des articles de presse selon lesquels l’artiste souffre — ou a souffert — de maux de dos. - Des articles de presse sur le fait que l’artiste aurait le lupus. - Des articles de presse sur le fait que l’artiste aurait un cancer. - Des articles de presse sur l’hospitalisation de l’artiste en 2005. - La date et la description de toute chirurgie esthétique et les détails. - Des articles de presse sur le fait que l’artiste aurait une infection pulmonaire, un emphysème et des saignements gastriques chroniques. - Des articles de presse sur les régimes stricts de l’artiste (anorexie)." Quelques heures plus tard, Michael Jackson est finalement mort d’une overdose de l’anesthésique propofol administré par le Dr Murray. Jessica Bina, l’avocate de la société, a souligné au tribunal que la liste des préoccupations de la compagnie d’assurance n’incluait ni abus de drogues, ni dépendance à l’alcool, ni insomnie. Bina a demandé à Trell : « La société tirait-elle un bénéfice de l’assurance de la tournée ? » Trell : « Non, l’assurance ne couvrait que les coûts. » Trell a dit que le Dr Murray avait été suggéré par Michael et que la société n’avait joué aucun rôle dans son choix. Le médecin travaillait pour Michael depuis trois ans. Il a dit qu’il n’était pas surpris que le médecin soit présent auprès de Michael parce que ce n’était pas inhabituel pour des artistes. Un e-mail de Wylie, une employée du service financier, envoyé à Conrad Murray le 21 mai, montrait que, le contrat de Murray n’ayant pas été finalisé, le service financier était incapable de payer le salaire qu’il avait demandé. Le salaire de Murray était inclus dans les dépenses de la tournée, mais Trell a dit qu’il sentait que cette catégorisation n’était pas définitive et pouvait changer. Il a dit qu’à l’étape finale de la production de la tournée — lorsque le spectacle est prêt à monter sur scène — toutes les dépenses sont catégorisées et fixées dès le début. Il a dit que, selon lui, le salaire de Conrad Murray faisait partie des coûts de l’artiste. Trell a dit que la responsabilité des coûts de l’artiste et des coûts de production de la tournée incombait à la société de Michael Jackson. Trell a ajouté qu’il n’avait connaissance d’aucune objection possible de Michael à ce sujet ni d’un accord de Michael. Le 20 juin, Kenny Ortega a écrit à Randy Phillips, le PDG de la société, dans un e-mail : "Il est important que tout le monde le sache. Je crois que cette tournée est importante pour lui et qu’il la veut vraiment. Si nous annulons le (contrat de tournée) maintenant, son cœur sera brisé. Il a une peur terrible que tout soit détruit. Ce soir, il m’a demandé encore et encore si j’avais l’intention de le mettre dehors. Il me suppliait pratiquement de lui faire confiance. Mon cœur était serré. Il était comme un garçon perdu. Il y a encore une chance pour lui d’arriver là où il doit être, si nous ne lui refusons pas l’aide dont il a besoin." Trell a dit que lorsque Travis Payne témoignait au tribunal quelques jours plus tôt, il était présent. Travis a dit que Michael avait froid et montrait des signes de grippe. Trell a dit qu’à l’époque, les gens parlaient du fait que Michael avait froid, mais que personne ne savait exactement ce qui se passait. Selon ce témoin, deux réunions avaient été organisées avec MJ et le Dr Murray chez Michael. L’une d’elles datait du 20 juin. Trell a dit qu’une autre réunion avait eu lieu au début du mois, mais qu’il ne se souvenait pas de sa date. À la réunion du 20 juin, le Dr Murray, Michael, Randy Phillips et Kenny Ortega étaient présents. Au début, Michael a dit : « Je vais bien, vraiment bien. » Puis le Dr Murray a critiqué Kenny Ortega pour avoir suscité de l’inquiétude. Le Dr Murray a dit qu’il prenait soin de Michael et que tout allait bien. Les 21 et 22 juin, il n’y a pas eu de répétitions, et Michael a fait ses dernières répétitions les 23 et 24 juin. Il a dit que des employés de la société l’avaient informé que Michael était en bonne santé, et qu’ils avaient décrit ses répétitions des deux dernières nuits comme excellentes. Le jour de la mort de Michael, le 25 juin, deux managers s’occupaient en même temps des affaires de Michael Jackson : Frank DiLeo et Tohme Tohme. Tohme Tohme avait précédemment été renvoyé par Michael. Puis la succession de Michael Jackson a accepté de payer les coûts de la tournée. smooth-criminal-this-is-it-1.jpg
Les coulisses du nouveau film Smooth Criminal
Ce jour-là, Brian Panish, l’avocat de Katherine Jackson, n’a disposé que de quinze minutes pour poser des questions à Shawn Trell. Trell a dit qu’il se souvenait très précisément des événements. Il a dit qu’il n’oublierait jamais sa rencontre avec Michael Jackson le 26 janvier 2009 (la mauvaise date). Il a poursuivi : "Je suis sûr que c’était la dernière fois que je l’ai vu. Je n’oublierai pas ma rencontre avec Michael Jackson. Quand je l’ai vu, il était très charmant et aimable. J’ai trouvé intéressant qu’il se soit levé de son siège et m’ait accueilli à la porte." Panish a ensuite demandé s’il était acceptable que des employés de la société utilisent des mots désagréables en parlant d’un artiste. Trell a répondu : « Chacun a sa propre idée, ses sentiments et ses pensées au sujet de Michael Jackson. Peut-être que je ne suis pas forcément d’accord avec certains choix de Michael Jackson dans sa vie, mais j’ai un respect particulier pour lui en tant qu’artiste. » Il a aussi dit : « Je n’oublierai jamais ma rencontre avec Michael Jackson. Le rencontrer était exaltant. » À ce moment-là, Brian Panish a commencé à présenter des e-mails échangés entre des dirigeants de la société. Les dates des e-mails indiquaient le 28 janvier. Panish a demandé à Trell : "Avez-vous fait une erreur, monsieur ?" Trell : « J’ai fait une erreur sur la date. Je n’ai pas noté ces dates sur mon agenda de poche. La date exacte de cette réunion n’était pas devant mes yeux. La réunion a eu lieu le mercredi 28 janvier — pas le lundi 26 janvier. » Avant que Panish ne dévoile lentement ce qu’il avait en réserve, il a demandé à Trell si son patron, Ted Fikre — l’avocat principal de la société mère d’AEG — avait traité Michael Jackson de personne « inhabituelle ». « M. Fikre vous a-t-il dit que Michael Jackson est inhabituel ? » Trell avait informé Fikre de la réunion avant d’aller chez Michael : Fikre : « Alors vous allez rencontrer ce type inhabituel ? » Trell : « Apparemment, oui. Je ne sais pas ce que je devrais ressentir. Ça doit être intéressant, mais c’est un peu troublant. » Panish a poursuivi : « Donc vos avocats ont un tel respect pour les artistes qu’ils les qualifient d’inhabituels ? » Trell : « Vous devriez demander à M. Fikre. » Panish : Avez-vous dit à M. Anschutz (le propriétaire de la société) que son avocat principal avait qualifié MJ d’inhabituel ? Trell : « Non. » Panish : « Votre mère vous a-t-elle déjà appris que si vous n’avez rien de bien à dire sur quelqu’un, il vaut mieux ne rien dire du tout ? » L’avocat de la société a fait objection à cette question. Plusieurs jurés ont ri. Le juge a accepté l’objection et a jugé la question de Panish agressive. Trell reviendra à la barre demain. Panish lui a dit d’un ton cassant : « À demain. » À l’extérieur de la salle d’audience, Brian Panish a tenu ces propos aux journalistes : "Ces e-mails ne sont qu’un exemple montrant quelle opinion AEG avait d’un artiste. Ils n’avaient aucun respect pour Michael Jackson et ne le voyaient que comme un outil pour faire du profit — afin de devancer leur concurrent Live Nation. Nous le prouverons aux jurés. Le fait que les avocats l’aient traité avec un tel manque de respect est embarrassant. Nous présenterons d’autres e-mails et révélerons le vrai visage d’AEG. Ce n’était qu’une goutte d’eau dans l’océan." ----------------------------------------------------- [*Ces vidéos étaient : 1) Smooth Criminal, dans lequel Michael jouait avec des stars de l’âge d’or d’Hollywood grâce à des techniques cinématographiques. 2) Le Thriller en 3D, qui commençait par une maison hantée et une image fantomatique de Vincent Price (le narrateur de la chanson Thriller), puis se poursuivait dans un cimetière où les morts sortent de leurs tombes. 3) Le Earth Song en 3D, avec une petite fille marchant dans la forêt, qui s’endort et, à son réveil, trouve la forêt détruite. 4) They Don’t Care About Us — ou, sous un autre nom : Drill — qui était une marche militaire navale de soldats. En fait, ce groupe étonnant se composait de 10 danseurs, dont Michael, dont les images étaient répétées ensemble grâce à des techniques avancées. 5) MJ Air, un film en 3D dans lequel un jet 707 était utilisé. Le jet attaquait depuis les coulisses vers la scène et y créait un trou. Michael apparaissait sur scène depuis l’intérieur de ce trou. 6) The Final Message, un film en 3D avec la petite fille de Earth Song tenant la Terre dans ses bras. 7) Le film The Way You Make Me Feel, qui était projeté en arrière-plan pendant l’interprétation de cette chanson, où les danseurs apparaissaient en ouvriers des décennies passées sur le squelette métallique d’un bâtiment. / eMJey.com] Source : eMJey.com / ABC & AP
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