Un psychologue témoigne au sujet de l’entretien avec l’accusateur de Jackson
Mercredi, un psychologue clinicien est venu à la barre et a déclaré au jury qu’un célèbre avocat civiliste, qui avait poursuivi Michael Jackson en 1993 pour des accusations d’attouchements sur un enfant, avait envisagé d’intenter de nouveau une action contre l’artiste au nom d’un autre de ses clients, l’accusateur actuel dans la présente affaire.
Le célèbre psychologue Stanley J. Katz a déclaré qu’à l’été 2003, l’avocat Larry Feldman lui avait adressé le garçon pour un entretien. Après trois entretiens avec l’adolescent et sa famille, Katz et Feldman ont signalé les abus allégués aux autorités de Los Angeles les 12 et 13 juin 2003. Le garçon avait affirmé que Jackson l’avait agressé sexuellement en février et mars 2003 au Neverland Valley Ranch du chanteur.
Lors du contre-interrogatoire, l’avocat principal de la défense, Thomas Mesereau, a interrogé Katz sur le souvenir qu’il gardait d’une discussion qu’il avait eue avec un détective du comté de Santa Barbara le lendemain du signalement des allégations.
« Vous pensiez, lorsque vous lui avez parlé, que M. Feldman intentait une action en justice contre M. Jackson, n’est-ce pas ? » a demandé M. Mesereau.
« Je pensais qu’il envisageait d’intenter une action », a répondu M. Katz.
Cet aveu a contribué à étayer la thèse de la défense selon laquelle l’accusateur et sa famille en veulent à l’argent de Jackson. La défense soutient que les allégations d’attouchements n’ont surgi qu’après que la mère de l’adolescent n’a pas obtenu une forme de dédommagement ou de compensation pour la participation de sa famille au documentaire de Martin Bashir.
Cependant, l’accusation a insisté sur le fait que la famille ne s’intéresse à aucune récompense financière, citant parfois la déclaration de la mère du garçon selon laquelle elle ne veut pas de « l’argent du diable ».
Le procureur adjoint principal Ron Zonen a interrogé le psychologue pendant huit brèves minutes, mettant ce temps à profit pour établir que Katz avait rencontré la famille puis signalé aux autorités les abus présumés.
Au cours du témoignage, on a également appris que Katz avait aussi été associé à Feldman dans la procédure civile de 1993 contre Jackson. Katz a déclaré avoir examiné les enregistrements d’entretiens entre un médecin et le premier accusateur de Jackson, et en avoir rendu compte à Feldman.
Est ensuite venu à la barre William Dickerman, l’avocat qui avait représenté l’accusateur et sa famille pendant environ trois mois avant de les adresser à Feldman en mai 2003. Dickerman a admis à la barre qu’il a conclu avec Feldman un accord de partage des honoraires si la famille parvenait à engager avec succès une action civile contre Jackson en lien avec cette affaire.
Jamie Masada, propriétaire du club de comédie « The Laugh Factory », avait déclaré mardi qu’il avait orienté la mère de l’accusateur vers Dickerman, au lieu d’appeler la police, lorsqu’elle s’était plainte à lui d’être retenue en otage par le clan Jackson.
La famille, avec Masada, a rencontré Dickerman à quatre reprises, soit au club de comédie, soit au cabinet de l’avocat. C’était durant la période où la famille affirme avoir été retenue contre son gré dans la propriété de Jackson et dans un hôtel de Calabasas.
Dickerman a déclaré que la mère l’avait engagé comme avocat de la famille le 24 mars 2003 et qu’elle lui avait dit que Jackson et ses collaborateurs avaient saisi les affaires de la famille et refusaient de les restituer. Deux jours plus tard, Dickerman a commencé à envoyer à l’avocat de l’époque de Jackson, Mark Geragos, une série de lettres l’informant qu’il voulait que le harcèlement de la famille cesse et que ses biens lui soient rendus.
Mesereau a passé en revue chacune des lettres avec Dickerman, demandant si l’une des 10 lettres envoyées mentionnait des attouchements, la consommation d’alcool, une séquestration ou une extorsion. À chaque question, Dickerman a répondu « Non » et a expliqué que son rôle était de récupérer les affaires de la famille.
Il a également été révélé au tribunal que deux jours après avoir été engagé, Dickerman avait commencé à envoyer des lettres aux sociétés de télévision impliquées dans la production du documentaire de Bashir ou qui le diffusaient aux États-Unis, exigeant qu’elles ne le diffusent pas sans le consentement de la famille.
Lorsque Mesereau lui a demandé si ces lettres visaient à préparer le terrain pour des négociations sur des droits d’auteur, Dickerman a insisté sur le fait qu’elles avaient pour but de mettre fin à l’exploitation de ses clients.
Le procureur de Santa Barbara Thomas Sneddon a annoncé à la fin de l’audience de mercredi qu’il avait l’intention de faire citer, à partir de lundi, des témoins sur les « mauvais actes passés » de l’affaire de 1993.
Le tribunal ne siège pas aujourd’hui en raison du jour férié californien consacré à César Chávez. Feldman devrait être appelé à la barre vendredi.
Source : Santa Barbara News-Press/eMJey
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