Un espion dans le camp Jackson ?
L’allégation selon laquelle la maison de disques de Michael Jackson aurait placé un espion dans le camp du chanteur a été la révélation la plus intéressante d’un troisième jour par ailleurs sans événement notable du procès pour agressions sexuelles sur mineur de la superstar.
La journée a été dominée par le témoignage d’Ann Marie Kite, une spécialiste des relations publiques brièvement engagée pour le chanteur au lendemain du documentaire d’ITV « Living with Michael Jackson », que certains jugent avoir été un désastre en matière d’image. Kite a été appelée à la barre par l’accusation pour témoigner sur les allégations de complot formulées contre M. Jackson et un certain nombre de coconspirateurs non inculpés.
Elle a affirmé qu’il y avait eu de la panique dans le camp Jackson lorsque l’accusateur et sa famille avaient quitté Neverland en pleine nuit après la diffusion du documentaire d’ITV.
Elle a dit que l’un des coconspirateurs non inculpés, Marc Schaffel, lui avait dit que leur départ du ranch le mettait « mal à l’aise ». Elle a ajouté que, plus tard le même jour, il lui avait dit que « la situation a été maîtrisée » et que la famille avait été ramenée au ranch.
« Je ne comprenais pas pourquoi il serait contrarié qu’ils quittent le ranch », a-t-elle dit, ajoutant qu’on lui avait dit que les avocats de la défense dépeindraient la mère de l’accusateur comme une « prostituée droguée au crack ».
Le témoignage de Kite a été fragilisé lors du contre-interrogatoire, lorsqu’elle a confirmé qu’elle n’avait en réalité jamais rencontré la famille ni M. Jackson et que sa connaissance des événements était pour l’essentiel de troisième main. Elle a en outre reconnu qu’elle n’avait travaillé pour l’artiste que six jours, entre le 9 et le 15 février 2003. Kite avait été engagée par son ex-petit ami et avocat de Jackson, David LeGrande.
Elle a en outre affirmé que, après son renvoi, elle avait refusé une demande de l’alors avocat de la défense Mark Geragos de signer un accord de confidentialité.
« Je pensais que cela aurait un effet négatif sur moi. Je crois qu’il était conçu pour me faire taire », a-t-elle dit.
Un espion de la maison de disques
Le témoignage le plus intrigant est survenu lorsque Kite a laissé entendre qu’un espion avait été placé dans le camp Jackson par la propre maison de disques de la star, Sony Music. Elle a dit avoir appris que l’un des conseillers de M. Jackson, Ronald Konitzer, avait peut-être œuvré en coulisses pour permettre à Sony de s’approprier le catalogue musical Sony/ATV, dont la superstar solitaire détient la moitié. Konitzer est lui aussi l’un des coconspirateurs non inculpés.
« Vous avez dit que M. Konitzer avait été engagé pour isoler Michael Jackson et le laisser provoquer sa propre chute afin que Sony puisse récupérer le catalogue, n’est-ce pas ? » a demandé Mesereau.
« Pas dans ces termes », a-t-elle répondu, ajoutant qu’elle était consciente de l’importance du catalogue et que « Sony attendait l’occasion de récupérer le catalogue Sony ».
Il y a eu beaucoup d’animosité publique entre Sony et M. Jackson, sans doute leur plus grande star. Il s’était exprimé contre l’alors patron Tommy Mottola, qui a démissionné peu après.
Kite a en outre affirmé qu’elle se méfiait aussi d’autres membres de l’équipe de M. Jackson. Lors d’un précédent entretien avec les enquêteurs de la police, elle avait dit sentir que certains membres de l’équipe du chanteur n’agissaient pas dans son meilleur intérêt. Elle a nommé Schaffel, Konitzer et le conseiller financier Al Malnik, et dit avoir tiré ses informations d’Internet et de Le Grande.
« Ceux dont vous vous méfiez le plus sont Schaffel et Konitzer ? » a demandé Mesereau.
« Ceux dont je me méfiais le plus étaient ceux qui détournaient les yeux du désastre qui frappait Michael Jackson », a-t-elle répondu.
Ses recherches sur Internet lui avaient appris que Malnik était un « mafieux présumé » et que Schaffel était producteur de pornographie gay. Elle pensait que leur association avec M. Jackson serait perçue négativement.
Après les questions de Mesereau, elle a confirmé qu’elle n’avait aucune information indiquant que le chanteur lui-même était impliqué dans la pornographie.
Kite a mentionné que le camp Jackson semblait divisé.
« Je ne pouvais rien discuter avec personne parce que tous avaient des objectifs différents », a-t-elle dit.
Allégations antérieures
Plus tôt dans la journée, à la suite d’une question de l’accusation sur d’autres problèmes de relations publiques rencontrés par le chanteur, Kite a mentionné des allégations antérieures formulées contre le chanteur en 1993. Le juge Rodney Melville n’a pas encore statué sur la possibilité pour l’accusation d’utiliser les éléments de preuve de ces allégations antérieures. Aucune accusation n’avait été déposée dans cette affaire.
La défense s’est opposée aux questions sur 1993, et le juge Melville a averti les jurés de ne considérer le témoignage que dans la mesure où il servait à expliquer les motivations de Kite, et non pour « la vérité sur le fond ».
Le procès se poursuit demain à Santa Maria.
Source : AP/CBS/MJJForum/eMJey
Source : AP/CBS/MJJForum/eMJey
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