5e jour du procès AEG : examen de l’autopsie et de la toxicologie du corps de Michael Jackson
Lundi, le tribunal de Los Angeles a tenu la cinquième audience de la poursuite intentée par Katherine Jackson contre AEG. Ce jour-là, un spécialiste en toxicologie du bureau du médecin légiste a comparu devant le tribunal. Il a dit que, selon les résultats de l’autopsie, la quantité de propofol trouvée dans le corps de Michael Jackson suffisait pour pratiquer une intervention chirurgicale. Il a attribué la mort de Michael à la présence d’une quantité excessive de cette substance dans son corps.
Outre le propofol, plusieurs autres sédatifs et tranquillisants présents dans le sang du Roi de la Pop ont accru l’effet du propofol. Ces médicaments lui ont été injectés durant les heures précédant la mort de Michael par le cardiologue Conrad Murray.
Daniel Anderson a dit que l’examen du sang, de l’urine et des organes internes de Michael a révélé la présence des anxiolytiques Valium et lorazépam, des anesthésiques midazolam et lidocaïne, du diazépam et du nordiazépam, de l’éphédrine, ainsi que d’une crème anesthésique topique que le personnel d’urgence utilise sur un patient lors des opérations de réanimation. Il a dit que le corps de Michael ne contenait aucun alcool, ni analgésique morphine ou Demerol, ni substances narcotiques comme la marijuana et la cocaïne. En fin de compte, le principal danger venait du propofol. Anderson a expliqué : « La quantité de propofol était équivalente à la dose utilisée lors des grandes chirurgies à l’hôpital. »
Il a dit que, dans chaque millilitre du sang de Michael Jackson, il y avait 3,2 milligrammes de propofol.
Lors des questions de Michael Koskoff, l’un des avocats de Katherine Jackson, Anderson a dit que lorsqu’il avait appris de l’enquêteur du dossier que du propofol avait été trouvé au domicile de Michael Jackson, il avait été très choqué :
« Du propofol avait été saisi au domicile comme preuve d’un crime. C’est très inhabituel. En tant que toxicologue, cela a fait résonner des alarmes dans mes oreilles. Utiliser ce médicament en dehors d’un hôpital serait très problématique. »
Il a dit que, sur une période de 14 ans, Michael Jackson était la seule personne non médecin du comté de Los Angeles à être morte de l’utilisation de propofol à son domicile. Anderson a attribué six autres décès par injection de propofol à domicile à des anesthésistes, des médecins et des infirmiers qui, en raison de leur emploi, avaient accès à ce médicament, soumis à une réglementation stricte. Toutes ces personnes ont utilisé le propofol comme moyen de suicide. Vingt-cinq autres décès dus au propofol sont survenus à l’hôpital et ont été considérés comme des meurtres, notamment l’injection du médicament à un patient qui avait demandé la mort.
Les déclarations d’Anderson laissaient entendre que le propofol ne doit se trouver qu’entre les mains de médecins, qu’il est utilisé dans les hôpitaux, et que les pharmacies n’ont pas le droit de vendre ce médicament — même avec une ordonnance — à des particuliers.
Anderson a aussi dit que plusieurs flacons d’autres médicaments — comme l’antidépresseur trazodone et le médicament contre l’inflammation de la prostate Flomax — avaient été trouvés dans la chambre de Michael. L’ensemble des médicaments saisis dans la chambre de Michael avait été prescrit par trois médecins : Conrad Murray, Arnold Klein et Alan Metzger.
L’avocat de la société a profité de l’occasion pour montrer au jury qu’au moment de la mort de Michael Jackson, Conrad Murray n’était pas le seul médecin impliqué dans son traitement, et que les deux autres y avaient aussi joué un rôle.
Anderson a toutefois précisé que la plupart des médicaments avaient été prescrits par le Dr Conrad Murray. Malgré tous ces médicaments, Anderson a qualifié la toxicologie du corps de Michael de défi majeur :
« Dans ce cas précis, nous cherchions à exclure absolument tout. »
Il a dit que, pour examiner le sang de Michael, des échantillons avaient été prélevés sur quatre parties de son corps — son cœur, son foie, son artère fémorale et l’arrière de son œil.
Lors du procès de 2011, les déclarations d’Anderson sur l’absence de Demerol dans le corps de Michael contredisaient ce que disaient les avocats de Murray, qui prétendaient qu’Arnold Klein avait causé la dépendance de Michael à ce médicament. Les avocats de Murray soutenaient que la mort de Michael résultait d’une dépendance au Demerol.
Un autre point de débat lors de ce procès était la découverte de propofol dans l’estomac de Michael. Les avocats de Murray en avaient conclu que Michael s’était causé la mort lui-même en buvant du propofol. Mais hier, Anderson a dit au jury que les vaisseaux sanguins se répandent dans tout l’abdomen. Un médicament injecté dans une veine atteindrait donc aussi l’estomac.
Anderson avait également témoigné au procès de Conrad Murray, que vous pouvez lire sur cette page.
Le témoin suivant au tribunal a été le Dr Christopher Rogers, qui avait lui aussi témoigné il y a deux ans au procès de Conrad Murray. (À lire) Rogers est celui qui a déclaré la mort de Michael un « homicide » et qui a aussi pratiqué l’autopsie de son corps. Il a de nouveau montré l’image du corps nu de Michael sur la table d’autopsie et montré au jury les marques causées par le vitiligo (une affection de la peau qui a fait blanchir la peau de Michael), les tatouages, les cicatrices et les trous qui avaient été créés sur le corps de Michael. Il a aussi décrit en détail comment les lèvres de Michael étaient colorées en rose et comment ses sourcils et sa tête avaient été tatoués en noir. Michael avait perdu une partie de ses cheveux lors de l’incident de l’incendie de Pepsi, et ses cheveux ne repoussaient plus à cet endroit. Derrière chacune des oreilles de Michael, il y avait des cicatrices de 7 à 10 centimètres, et Rogers a dit qu’il était probable que Michael ait subi un lifting.
Ce médecin a déclaré qu’au moment de sa mort, Michael était en bonne santé et n’avait aucun problème cardiaque.
Dans les années 1980, des médecins avaient dit à Michael qu’il avait le lupus, une maladie du système immunitaire. Rogers n’a pas mentionné cette maladie dans le rapport d’autopsie parce que le lupus ne peut pas être diagnostiqué à l’œil nu et nécessite des tests particuliers que ce médecin n’avait pas effectués. Arnold Klein, le dermatologue de Michael, avait dit que Michael avait le lupus.
Au total, selon ce médecin :
« Aucun problème n’a été trouvé dans le corps de Michael Jackson qui aurait pu avancer sa mort ou la causer. »
En fait, si Conrad Murray ne l’avait pas empoisonné avec du propofol, Michael aurait vécu longtemps.
Rogers a aussi noté qu’il n’y avait aucun signe de dépendance de Michael à l’alcool ou aux drogues, et qu’il n’y avait dans son corps aucun point d’injection de telles substances ni maladies causées par celles-ci.
Le rapport d’autopsie et de toxicologie de Michael Jackson a été publié quatre mois après sa mort, et vous pouvez le lire ici.
Conrad Murray a utilisé le propofol pour traiter l’insomnie de Michael. À la barre, répondant à Michael Koskoff, qui demandait si un médecin qualifié injecterait du propofol à son patient pour traiter l’insomnie, Rogers a dit :
« Je ne m’y attendrais pas, non. En général, traiter l’insomnie avec du propofol n’est pas acceptable. »
Rogers a aussi dit qu’il n’y avait aucun électrocardiographe dans la chambre de Michael. Cet appareil surveille les mouvements du muscle cardiaque et les affiche sur un graphique. Un autre appareil nécessaire qui n’était pas présent dans la chambre de Michael était un dispositif de mesure de la quantité exacte d’anesthésique dans le sang.
Il a aussi rejeté l’affirmation de Murray selon laquelle Michael s’était causé la mort en s’injectant lui-même du propofol, en disant que, d’après les preuves disponibles, un tel événement n’aurait pas pu se produire. Il a dit que la cause de la mort de Michael était clairement la forte quantité de propofol dans son sang, et que les autres sédatifs que Murray lui avait injectés cette nuit-là n’avaient fait qu’aggraver les choses.
Rogers a dit que le nom célèbre de Michael Jackson l’avait amené à faire preuve d’une extrême prudence dans ses enquêtes et ses examens :
« Michael Jackson était une personne extrêmement importante. Il était clair que sa mort attirerait une large attention médiatique et celle du grand public. »
Il a aussi expliqué comment il avait appris la mort du Roi de la Pop :
« Lors d’un congrès médical, quelqu’un m’a tendu un papier qui disait : Michael Jackson est mort. »
Rogers a également abordé la maladie de peau de Michael qui avait entraîné le blanchiment de sa peau. Il a confirmé ce que Michael avait dit des années plus tôt en réponse à ses détracteurs au sujet du blanchiment de sa peau :
« Michael Jackson avait un vitiligo. C’est pourquoi certaines parties de sa peau étaient plus claires et d’autres plus foncées. »
L’avocat de Katherine Jackson était convaincu que les jurés avaient bien entendu et compris cette question, même si cette vérité n’a rien à voir avec l’affaire.
Lundi, aucun membre de la famille Jackson n’était présent au tribunal. L’avocat de Katherine l’avait informée des questions abordées ce jour-là, de sorte qu’elle n’y a pas assisté.
Le prochain témoin au tribunal, mardi, sera un cardiologue. Il examinera de près la performance de Murray en tant que cardiologue.
Source : eMJey.com / NY Post, AP, CNN et LA Times
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