Accéder au contenu principal

Communauté de fans indépendante · Depuis 2003

Michael Jackson
Fans unis

CNN LARRY KING LIVE : l’avocat de Michael Jackson s’exprime sur le procès

Juin
LK_Mesereau_06.14.2005.jpg
ANIMATEUR LARRY KING : Ce soir, une exclusivité en prime time : l’avocat de la défense de Michael Jackson, Thomas Mesereau, nous explique comment il a obtenu hier la victoire totale dans le procès de Jackson pour agression sexuelle sur un enfant. Comment va vraiment Michael en ce moment, et plus encore. Thomas Mesereau pour toute l’heure, avec vos appels téléphoniques, une exclusivité en prime time, tout de suite à LARRY KING LIVE. Il nous parle depuis Santa Maria, en Californie, après sa grande victoire d’hier, une victoire sans appel. Au fait, Tom, au sujet de vos talents en contre-interrogatoire, la professeure de droit de Loyola Lauri Levenson a dit que c’est le meilleur qu’elle ait jamais vu. Est-ce un art ou une science ? THOMAS MESEREAU, AVOCAT DE MICHAEL JACKSON : C’est vraiment un art, Larry. Et je suis très flatté par ce commentaire. Je ne sais pas s’il est bien mérité, mais c’est un art. C’est quelque chose sur quoi on apprend toujours, qu’on ne maîtrise jamais complètement. Et il faut toujours garder l’esprit ouvert sur la façon de le faire. KING : Comment avez-vous obtenu cette affaire ? MESEREAU : Je connaissais Randy Jackson depuis de nombreuses années. Au départ, quand la perquisition de Neverland a eu lieu, j’ai reçu un appel pour aller à Las Vegas rencontrer Michael Jackson. Je n’ai pas pu le faire à ce moment-là. J’étais pris par l’affaire Robert Blake, je me préparais pour le procès et, finalement, j’ai eu une brouille avec M. Blake. Et environ trois mois plus tard, j’ai reçu un autre appel pour aller en Floride rencontrer Michael, et une chose en a entraîné une autre. KING : Est-il courant, dans les affaires criminelles, que des avocats soient remplacés, comme Blake qui vous laisse tomber et vous allez ailleurs ? MESEREAU : Je ne sais pas si c’est courant, mais vous savez, la défense criminelle est un métier très tendu, aux enjeux élevés, et les clients se fâchent parfois beaucoup. Ils sont très vulnérables émotionnellement, et des changements surviennent de temps à autre. KING : Avez-vous travaillé avec les avocats précédents de Jackson ? MESEREAU : Un peu. Mark Geragos a toujours été très aimable et très professionnel. Je le connais depuis longtemps. C’est un avocat très, très honnête et très, très compétent. Et il a été très utile lors de la transition. KING : Vous avez dit que vous n’étiez pas surpris par le verdict, ce qui signifie que vous étiez confiant. Mais la plupart des avocats disent de ne jamais prédire un jury. De ne jamais être confiant. Expliquez. MESEREAU : J’étais confiant. Je pensais que nous avions vraiment détruit leur cause très efficacement en contre-interrogatoire, et je pensais que nous avions appelé beaucoup de témoins très efficaces dans notre cause. Et je pensais que, lorsqu’on mettait tout cet ensemble ensemble, ils allaient avoir du mal. KING : Comment préparez-vous psychologiquement un client à quelque chose comme — par exemple, lui faites-vous comprendre qu’il pourrait être en prison ce soir-là ? En discutez-vous du tout, ou ne prenez-vous que les voies positives ? MESEREAU : Cela dépend du client, Larry. Il faut être franc avec son client. Il faut expliquer les possibilités et les options sans avoir l’air défaitiste. Et à aucun moment je n’ai adopté une attitude défaitiste avec Michael Jackson, parce que j’ai toujours pensé que nous gagnerions cette cause. KING : Quel genre de client était-il ? MESEREAU : C’est un client merveilleux. C’est l’un des clients les plus faciles avec qui j’aie jamais eu affaire. Il est très gentil. Il est très doux. Il est très coopératif. C’est une personne très, très honorable et très honnête. J’ai énormément apprécié le représenter, et je le considère comme un ami. KING : A-t-on envisagé qu’il témoigne ? MESEREAU : Oui. Lorsque j’ai fait ma déclaration d’ouverture, j’avais l’intention de le faire témoigner, et il avait l’intention de témoigner. À mesure que l’affaire progressait, il est devenu très clair pour moi qu’il n’avait pas à le faire. Nous avions contre-interrogé très efficacement. Nous avions montré au jury une vidéo d’une entrevue de deux heures et 45 minutes avec Michael Jackson, où il expliquait sa vie, sa philosophie de la musique et de la vie et ses expériences en grandissant. Et quand nous avons mis tout cela ensemble, nous avons décidé qu’il n’y avait vraiment rien à gagner à cela. KING : Y a-t-il eu un moment, Tom, où vous avez été découragé pendant tout cela ? MESEREAU : Vous savez, Larry, c’est intéressant. Tous les procès ont leurs hauts et leurs bas. Et tous les procès réservent des surprises. Mais dans cette affaire, j’avais le sentiment que nous avons été très agressifs dès le coup d’envoi, dans notre déclaration d’ouverture, dans notre contre-interrogatoire de leurs premiers témoins. Et notre plan était d’être extrêmement agressifs et de les mettre sur la défensive le plus rapidement possible. Et je pense que nous y sommes parvenus. Nous avons donc eu beaucoup de bonnes journées dans ce procès, particulièrement durant leur preuve, et particulièrement durant la nôtre. Et j’ai toujours été confiant. KING : Certains disaient que la poursuite était obsédée par Michael Jackson. Partagez-vous cet avis ? MESEREAU : Oui, tout à fait. Je le partage complètement. Je pense qu’ils n’étaient pas objectifs dans cette affaire. Ils n’étaient pas objectifs au sujet de leurs témoins. Ils n’étaient pas objectifs au sujet des théories qu’ils ont tenté de prouver, qui étaient impossibles à prouver parce qu’elles étaient fausses. Et je pense que leur obsession leur a vraiment nui. KING : Pensez-vous que cela remonte au règlement à l’amiable d’il y a des années ? MESEREAU : Je ne sais pas où cela a commencé, Larry. Il semblerait qu’à cette époque une obsession à l’égard de Michael Jackson se soit développée dans ce bureau de poursuite, mais il est clair qu’ils n’étaient pas objectifs lorsqu’ils ont monté cette affaire. KING : Maintenant, pourquoi, Tom ? Je veux dire, des gens sont venus les voir. Une femme est venue les voir, le fils leur racontait des histoires. Il y avait d’autres personnes qui étaient des témoins. Pourquoi ont-ils fait l’erreur d’aller de l’avant ? MESEREAU : Eh bien, tout d’abord, ils n’ont jamais enquêté à fond sur les accusateurs et sur la famille de l’accusateur, à mon avis. Et si vous regardez les premières entrevues avec les accusateurs, vous verrez que la police acceptait essentiellement leur version avant même d’avoir enquêté sur qui ils sont. C’est vraiment nous qui avons découvert tous les problèmes de ces témoins, leur passé, leurs antécédents. La poursuite a presque fermé les yeux sur ce qui se passait réellement. Et je pense que même au milieu du procès, ils essayaient de nier la réalité, et cela les a rattrapés. KING : Quelle a été l’importance de Macaulay Culkin ? MESEREAU : Elle a été grande. Il a été un témoin merveilleux pour Michael Jackson. Et j’aurai toujours un immense respect pour Macaulay Culkin. Il est au sommet du monde. Il n’avait pas à monter au front pour son ami. Et il l’a fait quand même. Et il n’y a jamais eu aucun doute qu’il allait venir témoigner. Il disait toujours : « Je veux être là. Je veux aider Michael Jackson, et je veux dire la vérité. » Il a été un facteur important, et c’est un homme au caractère vraiment fort. KING : Aimez-vous parler aux jurés après un procès, que vous gagniez ou perdiez ? MESEREAU : Oui. Je n’ai pas eu l’occasion de le faire ici, mais oui. On apprend toujours des choses des jurés. Et je n’ai jamais eu le privilège d’être juré moi-même. Alors — et j’ai toujours aimé avoir l’occasion, mais je ne l’ai jamais eue. Je me fais toujours écarter quand je suis appelé pour le devoir de juré. KING : J’imagine. Nous avons eu l’un des — nous avons eu le président du jury hier soir. Nous avons aussi eu l’un des jurés qui disait croire que Michael Jackson était ou est un pédophile. C’est simplement que cette poursuite n’a pas prouvé sa cause. Comment réagissez-vous à une déclaration comme celle-là ? MESEREAU : Eh bien, je pense qu’il a tort. Michael Jackson n’est pas un pédophile. Il n’a jamais été un pédophile. La poursuite a passé des années à essayer de monter une histoire qu’elle espérait pouvoir prouver et qu’elle n’a pas réussi à prouver. Michael Jackson n’est pas un pédophile. Il n’a jamais agressé un enfant, et il ne concevrait même jamais de faire une telle chose. KING : Donc c’étaient des histoires inventées de toutes pièces ? MESEREAU : Eh bien, elles ont certainement été inventées par les principaux accusateurs, et la poursuite a certainement tenté de donner l’impression que d’autres personnes avaient été agressées. Et elles sont toutes venues dire que non. KING : Ce qui est étonnant, c’est que lorsqu’on a un homme qui est certainement différent de la norme, un homme plus âgé qui dort avec des garçons, pour obtenir un jury — comme le disait mon ami Edward Bennett Williams, ce qu’il faut avec un jury, c’est amener le jury à se mettre à la place de votre client. Si le jury peut se mettre à la place de votre client, vous gagnez. Comment quelqu’un se met-il à la place de Michael Jackson ? MESEREAU : Eh bien, tout d’abord, Larry, cette idée qu’il dort avec des garçons était une invention de la poursuite. Ce qu’il a dit très ouvertement, c’est qu’il permet à des familles d’entrer dans sa chambre. Or, sa chambre a la taille d’un duplex. Elle est sur deux niveaux. Des mères y ont dormi, des pères y ont dormi, des sœurs y ont dormi, des frères y ont dormi. La poursuite a inventé cette petite formule sur le fait de dormir avec des garçons, parce qu’elle pensait que cela rebuterait le jury, et elle a échoué. Mais oui, nous avons dû expliquer au jury qui était Michael Jackson, que c’est un esprit très créatif, une âme très douce, un musicien brillant, un chorégraphe brillant et une personne très sensible qui se soucie beaucoup du monde et des problèmes du monde. Et il a un esprit et une essence très enfantins, et il attire les enfants partout dans le monde. Nous avons dû expliquer qui il était. Mais c’est un pays qui se targue de sa diversité, de la liberté d’être qui l’on est. Et nous n’avons jamais détourné notre attention de qui était Michael. Nous n’avons jamais essayé de le faire paraître autre que lui-même. Il n’a jamais essayé de s’habiller différemment pour la salle d’audience. Toute notre intention est de montrer qui est Michael, d’en être fier et de l’assumer. KING : Nous revenons dans un instant avec Thomas Mesereau, l’avocat de la défense de Michael Jackson, qui a connu un très grand succès. Nous aurons d’autres questions. Nous prendrons aussi vos appels. Il est avec nous pour toute l’émission. Ne partez pas. (DÉBUT DE L’EXTRAIT VIDÉO) THOMAS SNEDDON, PROCUREUR DU COMTÉ DE SANTA BARBARA : Quand une victime se présente, que la victime vous dit qu’elle a été victimisée, que vous la croyez et que vous croyez que la preuve l’appuie, vous ne regardez pas son pedigree. Nous regardons ce que nous pensons être juste. Vous faites les bonnes choses pour les bonnes raisons. Si cela ne fonctionne pas, c’est pour cela que nous avons un système de jury. Mais nous avons fait la bonne chose pour les bonnes raisons. (FIN DE L’EXTRAIT VIDÉO) (PAUSE PUBLICITAIRE) KING : Thomas Mesereau est notre invité spécial. Qu’est-ce que cela vous fait dans les tripes ? Vous pouvez être aussi confiant que vous voulez, mais quand ils entrent, avant que ces mots soient prononcés, qu’est-ce qui vous traverse l’esprit ? MESEREAU : Vous savez, Larry, c’est un moment très tendu et inconfortable. On ne s’y habitue jamais vraiment. Le cœur manque quelques battements. Et c’est quelque chose que je n’attends jamais avec impatience, en un sens, parce que ce n’est jamais facile. KING : Avez-vous, à un moment donné, serré le bras de Jackson, ou lui le vôtre ? MESEREAU : Oui. Pendant la lecture des verdicts, j’ai pris la main de Michael. Et il a semblé l’apprécier. Je voulais lui montrer mon soutien. Et je voulais aussi envoyer le message : « Nous sommes en train de gagner cette cause. » KING : Qu’a-t-il dit lorsque les 10 chefs ont été lus ? MESEREAU : Il a dit : « Merci, merci, merci. » Sa première réaction a été la gratitude. Gratitude envers Dieu, gratitude envers son équipe de défense. Gratitude envers sa famille et ses amis. C’est vraiment tout ce qu’il a dit. KING : Et c’est la joie d’un avocat de la défense criminelle, n’est-ce pas ? MESEREAU : Vous pouvez le dire. KING : Que s’est-il passé — il a versé une caution, n’est-ce pas ? Est-elle remise immédiatement ? Comment est-ce — a-t-il pris une hypothèque sur la maison ? Comment cela se fait-il ? MESEREAU : Eh bien, cela a été fait au début de l’affaire. Cela a été fait, en fait, avant que je n’apparaisse au dossier comme avocat inscrit. Et la caution a été versée par un agent de cautionnement. Elle était garantie par un bien immobilier. KING : Et est-ce ensuite annulé immédiatement ? MESEREAU : Oui, oui. Lorsqu’il a été acquitté, la disposition a été prise pour que la caution soit révoquée, et il passe à autre chose et il est libre. KING : Votre ami Mark Geragos, qui était à cette émission la semaine dernière, était très critique à l’égard des experts de plateau, des experts de la télévision, des nouvelles en continu 24 heures sur 24, des gens qui frappent à longueur de journée, qui font des prévisions. Il se demandait même si le système britannique, qui n’autorise pas la couverture des procès, n’était pas meilleur. Que pensez-vous des experts de plateau ? MESEREAU : Au fait, j’ai utilisé le mot « révoquée ». La caution a été libérée, non révoquée. KING : Bien. MESEREAU : Je partage les commentaires de Mark Geragos. Je pense que nous avons développé une industrie de prétendus experts qui ne sont pas professionnels, qui n’ont pas d’expérience, qui sont très amateurs dans leurs commentaires sur ce qui se passe dans les salles d’audience et qui sont prêts à donner des opinions sans même être là. Et je pense que c’est devenu le théâtre de l’absurde, et je pense que cela a atteint son plus bas niveau dans cette affaire. KING : Comment était-ce pour vous — vous n’étiez pas sous le coup d’une ordonnance vous interdisant de regarder. Comment était-ce de regarder ? MESEREAU : Eh bien, je ne l’ai pas regardé très souvent, Larry. J’étais trop occupé à travailler sur l’affaire. KING : Mais vous saviez que cela se passait ? MESEREAU : Je savais qu’il s’en passait beaucoup. Quand je prenais une pause dans mon appartement pendant ma préparation, j’allumais le téléviseur. Et une grande partie était consternante : les inexactitudes factuelles, le parti pris évident chez des gens comme Court TV, que je considérais comme un véritable bras de la poursuite tout au long de cette affaire. C’était très amateur, très peu professionnel et très troublant. KING : Diriez-vous qu’il est difficile, voire impossible, de prédire l’issue d’un procès auquel on n’a pas assisté ? MESEREAU : C’est très difficile, parce qu’on ne connaît pas la chimie de la salle d’audience. On ne voit pas l’interaction entre les témoins, le jury, le juge et les deux parties. Il y a tellement de choses qu’on rate si l’on n’est pas là. Et en plus, comment comprime-t-on six à huit heures de témoignage en une phrase-choc ? On ne peut pas être exact. KING : Et le système britannique ? Une fois qu’une arrestation est faite, aucune couverture ? MESEREAU : Eh bien, il y a certainement beaucoup à dire en faveur de cela. J’aime franchement la liberté de la presse. Mais on atteint un état absurde en ce qui concerne les procès aux États-Unis. Nous sommes obsédés par les procès de célébrités. C’est devenu une industrie d’experts de plateau qui essaient vraiment d’être des vedettes de cinéma et non de vrais experts juridiques. Et c’est simplement — cela a simplement touché le fond du baril dans cette affaire. Heureusement, le jury n’a pas été touché. Il a fait ce qui était juste. KING : Le procureur, M. Sneddon, a dit qu’il existe une justice des célébrités, comme en Californie. Blake en est un exemple. Celui-ci en est un exemple, O.J. aussi. Comment réagissez-vous ? MESEREAU : C’est du dépit de sa part. Je vais vous dire ce qu’était l’injustice envers les célébrités dans cette affaire. C’était d’envoyer 70 shérifs perquisitionner la maison de Michael Jackson. C’était de mettre plus d’experts, plus de shérifs et plus d’enquêteurs sur cette affaire qu’on ne le fait pour des tueurs en série. C’est cela que j’appelle l’injustice envers les célébrités. Donc, en un sens, il a raison ; il regarde simplement cela du mauvais côté. KING : Est-ce que... MESEREAU : Michael Jackson a été traité différemment parce qu’il était une célébrité. KING : Est-ce que, toutefois, une célébrité a un avantage du fait qu’on peut présumer d’emblée que la plupart des gens les aiment ? MESEREAU : Je ne considère pas cela nécessairement comme un avantage. Je pense que les jurés ont tendance à bien garder à l’esprit qu’ils ne sont pas censés traiter les célébrités différemment, et ils pourraient même se plier en quatre pour s’assurer de ne pas le faire. Il y a donc beaucoup d’injustice qui vise les célébrités. Ce sont de plus grosses cibles pour les procureurs. Ce sont de plus grosses cibles pour les shérifs et les policiers. Ce sont de plus grosses cibles pour les gens qui veulent la gloire et la fortune. KING : Que pensez-vous — quelle est votre évaluation de la prestation de la poursuite dans la salle d’audience ? MESEREAU : Ils ont été extrêmement agressifs, extrêmement préparés et très déterminés. Je pense que leur plus gros problème était qu’ils n’étaient pas objectifs au sujet de leur cause. Ils croyaient ce qu’ils voulaient croire. Ils ont essayé de prouver des théories absurdes. Et ils ont essayé de diaboliser Michael Jackson d’une manière qui avait l’air absolument ridicule quand on examinait vraiment la preuve de près. Et ils sont allés beaucoup trop loin, et cela leur a nui. KING : N’étiez-vous pas très inquiet, toutefois, lorsque cette cassette a été admise à la fin ? MESEREAU : J’étais inquiet. Je ne pensais pas qu’il y avait un fondement juridique pour cela. Mais après l’avoir regardée une deuxième fois et m’être rendu compte du nombre de déclarations contradictoires que cet accusateur avait faites dans cette entrevue et de la façon dont cette entrevue montrait que l’agent de police était prêt à accepter son histoire avant même d’avoir enquêté sur l’affaire, plus je l’examinais, plus je pensais que cela nous aiderait probablement. Et d’après certains commentaires des jurés, cela nous a aidés. KING : Sur le plan émotif, est-il difficile d’appuyer lorsqu’on contre-interroge un accusateur, un jeune accusateur, une mère ? MESEREAU : Eh bien, il faut adapter son contre-interrogatoire au témoin. On ne veut pas avoir l’air d’une brute. On ne veut pas avoir l’air de vraiment profiter de sa position. Cependant, il faut s’ajuster selon la personnalité qu’on a devant soi. Certains jeunes ont un niveau de maturité extrêmement élevé. Et comme Chris Tucker l’a dit de l’accusateur, il était très rusé et très intelligent. Nous avons dû tenir compte de tout cela et adapter notre contre-interrogatoire en conséquence. Et je pense qu’on veut aussi contre-interroger à différents rythmes avec différents tons, et faire tout ce qu’on pense être efficace pour ce témoin en particulier. KING : Nous revenons dans un instant avec Thomas Mesereau. Nous inclurons vos appels téléphoniques. Demain soir, Jermaine et Tito Jackson, les frères de Michael, seront nos invités spéciaux. Et jeudi soir, une heure très spéciale avec un homme très spécial, le révérend Billy Graham. Nous revenons tout de suite. (PAUSE PUBLICITAIRE) (DÉBUT DE L’EXTRAIT VIDÉO) SNEDDON : Nous croyions l’enfant. Nous croyions la cause et nous croyions qu’il y avait suffisamment de corroboration pour ce que les enfants ont dit être arrivé. Et donc, que ce soit Michael Jackson, ou John Smith, ou qui que ce soit, c’est le genre d’affaire qu’un shérif enquête. Le shérif croyait en cette affaire, ses détectives croyaient en cette affaire, et nous croyions en cette affaire. Et comme je l’ai dit, je ne m’excuserai pas pour ce que nous faisons. (FIN DE L’EXTRAIT VIDÉO) KING : J’imagine, Tom Mesereau, que le jury n’était pas d’accord ? MESEREAU : Certainement pas. Michael Jackson a été acquitté de tous les chefs d’acte criminel et de tous les chefs de délit mineur. Ce fut un balayage complet. KING : Aviez-vous des inquiétudes à propos de certains des chefs de délit mineur ? MESEREAU : Pas vraiment, parce que pour le condamner pour l’un ou l’autre des chefs de délit mineur, il fallait croire l’accusateur hors de tout doute raisonnable. Et cela n’allait pas se produire, à mon avis. KING : Donc même une chose aussi minime que servir de l’alcool sans aucune intention sexuelle a aussi été rejetée par le jury ? MESEREAU : Ils ont été complètement rejetés par le jury. Ils n’ont pas cru ces accusateurs. Ils n’ont cru aucun — le témoignage de cette famille à aucun niveau significatif. KING : Aimeriez-vous des caméras dans la salle d’audience ? MESEREAU : Vous savez, j’ai des sentiments partagés à ce sujet. Je suis content qu’il n’y ait pas eu de caméras dans cette salle d’audience en particulier. Je pense que cela aurait créé un environnement encore plus semblable à un cirque que celui qui existait déjà à l’extérieur de la salle d’audience. J’aime l’idée que le public voie ce qui se passe dans les tribunaux, parce que nous sommes censés tenir des procès publics. Mais compte tenu des tentatives répétées des médias de faire des procès criminels un environnement de type cirque, je commence à changer d’opinion à ce sujet, et peut-être qu’elles n’ont pas leur place dans les salles d’audience. KING : Aimez-vous les ordonnances de non-publication ? MESEREAU : Je ne les aime pas particulièrement. Je pense que dans cette affaire, cela a très bien fonctionné. Je pense que la tentation chez les avocats et les procureurs de devenir des vedettes de cinéma et, essentiellement, de se promouvoir devant les caméras est quelque chose qu’il faut éviter, si nous voulons que justice soit rendue dans notre système de justice pénale. KING : M. Mark Geragos a-t-il été un bon témoin pour vous ? MESEREAU : Ce fut un excellent témoin. Ce fut un témoin très, très honnête. Il a vraiment parlé pour son client. Il a expliqué, très simplement, très soigneusement et honnêtement, ce qu’il avait fait pour surveiller cette famille en raison de ses soupçons. Et il est vraiment monté au front pour son client. KING : Certains partisans de Jackson étaient préoccupés par le fait qu’il n’y avait aucun Noir dans le jury — composite de cette communauté, bien sûr. Il y avait un suppléant noir. Étiez-vous préoccupé par la question raciale ? MESEREAU : Eh bien, Michael Jackson fait certainement partie d’une famille afro-américaine très en vue et, au départ, nous espérions qu’il y aurait une certaine représentation afro-américaine au sein du jury. Mais une fois le jury choisi, j’ai toujours eu un bon sentiment à l’égard de ce jury. J’ai toujours senti qu’il avait l’esprit très indépendant. Personne n’allait l’intimider. Il allait prendre son travail très au sérieux et être très équitable. Et j’avais raison. KING : Aimez-vous les jurés qui prennent des notes ? MESEREAU : Je ne sais pas comment répondre à cela, Larry. Je pense que prendre des notes indique que quelqu’un est attentif et se soucie beaucoup de son travail. Mais d’un autre côté, on peut aussi être attentif et absorber ce qui se passe sans prendre de notes. Donc, je ne sais pas vraiment comment répondre à cette question. KING : D’accord. Lorsque le jury a posé quelques questions au juge, elles n’ont pas été révélées à la presse ni au public. Cela vous préoccupait-il ? Pouvez-vous nous dire quoi que ce soit sur ce qu’ils ont demandé ? MESEREAU : Vous savez, je ne veux vraiment pas le révéler. Je ne sais pas si le juge Melville a levé les scellés sur ces questions, ou non. Donc, à ce stade, je préfère ne pas en discuter. KING : Une d’elles vous a-t-elle préoccupé, sans nous dire ce qu’elles étaient ? MESEREAU : Je n’étais pas préoccupé. J’ai en fait été encouragé par elles. KING : Donc, quand vous avez entendu la question, cela a renforcé votre confiance ? MESEREAU : Oui, en effet. KING : Comment le juge s’en est-il tiré ? MESEREAU : Le juge a été un juriste exceptionnel. Je pense que tous les juges des États-Unis devraient tirer une leçon de la façon dont le juge Melville a mené ce procès. Il était déterminé, dès le premier jour, à ce que cela ne devienne pas incontrôlable. Il était déterminé à ce que justice soit rendue dans la salle d’audience et à l’extérieur. Il a employé des procédures très créatives pour s’assurer que l’ordre soit maintenu tout au long du procès. Il a fait un travail magistral et j’ai un respect total pour le juge Melville et son merveilleux personnel. KING : Même s’il s’est fâché contre vous à quelques reprises ? MESEREAU : Oui, c’est vrai, mais il s’est aussi fâché contre la poursuite. Il avait l’esprit très équitable. KING : C’est tout ce qu’on veut, n’est-ce pas ? De l’équilibre et de l’équité ? MESEREAU : C’est, je pense, le maximum qu’on puisse attendre, et nous l’avons eu avec le juge Melville. C’est un juge exceptionnel. KING : Nous revenons tout de suite avec Thomas Mesereau. Nous inclurons vos appels téléphoniques dans cette édition de LARRY KING LIVE. Ne partez pas. (DÉBUT DE L’EXTRAIT VIDÉO) HOMME NON IDENTIFIÉ : ... La mère, quand elle m’a regardé et a claqué des doigts à quelques reprises, et elle dit : « Vous savez comment est notre culture », et elle me fait un clin d’œil. Je me suis dit : « Non, ce n’est pas comme ça, notre culture. » FEMME NON IDENTIFIÉE : En tant que mère — les valeurs et tout ce qu’elle leur a enseigné et qu’ils ont appris — et c’est vraiment difficile à comprendre pour moi, vous savez, parce que je ne voudrais pas que l’un de mes enfants mente pour son propre gain. (FIN DE L’EXTRAIT VIDÉO) (PAUSE PUBLICITAIRE) KING : Nous revenons avec Thomas Mesereau. Nous le remercions de nous accorder ce temps ce soir, en exclusivité. Prenons quelques appels. Tulsa, en Oklahoma, pour l’avocat de la défense victorieux. Allô. INTERLOCUTEUR : Bonjour. Euh, monsieur — bonjour, Larry. KING : Bonjour. INTERLOCUTEUR : Monsieur Mesereau, avez-vous une idée du moment où Michael pourrait faire une déclaration ? MESEREAU : Vous savez, je n’en ai vraiment aucune idée. Je ne lui en ai pas parlé. Michael va devoir traverser une période de récupération physique. Il est épuisé. Il ne dormait pas. Il ne mangeait pas. Ç’a été une expérience très, très traumatisante pour lui et cela va prendre un certain temps pour qu’il s’en remette. Je ne prévois pas qu’il fasse une déclaration très bientôt, mais je suppose que c’est possible. Mais je n’en ai pas discuté avec lui. KING : Vous ne recommanderiez donc pas d’entrevue approfondie immédiate ? MESEREAU : Non, vraiment pas. Je pense que Michael a besoin de passer du temps avec ses enfants et sa famille. Il a besoin de savourer sa victoire. C’est une personne très, très reconnaissante et très spirituelle. Je pense qu’il aimerait qu’on le laisse tranquille, et qu’il aimerait guérir, se remettre et aller de l’avant. KING : Ils sont tous repartis dans leurs voitures vers Neverland. Où êtes-vous allé juste après le verdict ? MESEREAU : Après le verdict, nous sommes allés voir le juge Melville et son personnel pour les remercier de leur comportement très professionnel envers nous tous, puis nous sommes aussi allés à Neverland. KING : Indiana, en Pennsylvanie, allô. INTERLOCUTEUR : Allô. Chapeau bas à vous, Larry, pour votre équité durant tout cela, et à vous, monsieur Mesereau. Ma question est la suivante : les médias ont qualifié Michael Jackson de monstre et de pédophile. Comment peut-il se relever, lui qui est un talent consommé ? KING : Bonne question. MESEREAU : Eh bien, je pense qu’il peut se relever parce que Michael est une personne très résiliente. Oui, il a été une cible pendant de nombreuses années. Il a été calomnié. Il a été le sujet de scandales, mais il est aussi l’un des plus grands artistes du monde, l’un des plus grands talents du monde et aussi l’un des plus grands humanitaires du monde, et Michael a tous les outils, toutes les compétences et tout le soutien pour se relever, aller de l’avant et très bien réussir. KING : Vous attendez-vous à ce qu’il revienne sur scène ? MESEREAU : Larry, je ne suis pas un expert de l’industrie de la musique ni du monde du divertissement, mais je sais que Michael est un artiste. C’est une âme créative. On ne peut pas étouffer sa créativité et je ne serais pas surpris qu’il fasse un retour et qu’il le fasse très efficacement. KING : La famille était-elle facile à côtoyer pour vous ? Ils forment un groupe si soudé. MESEREAU : La famille était charmante. Ce sont des gens très, très merveilleux. Ils ont tous beaucoup soutenu Michael. Il y avait beaucoup de rumeurs de dissension qui n’étaient pas vraies. C’était un plaisir de travailler avec eux, une très belle famille. KING : Qu’est-il arrivé à Raymone Bain ? MESEREAU : Eh bien, vous savez, j’ai travaillé avec Raymone pendant plusieurs mois. Nous avons travaillé très efficacement ensemble. Nous avons eu quelques différends vers la fin, mais cela arrive dans les grosses affaires, mais j’ai beaucoup de respect pour Raymone, et j’ai toujours aimé la voir et travailler avec elle. KING : Pourquoi l’avoir laissée partir si tard dans l’affaire, toutefois ? MESEREAU : Vous savez, il y a des raisons confidentielles pour lesquelles nous avons eu des différends à la fin, mais elles sont vraiment sans importance. Le fait est que nous étions une équipe, que nous avons gagné et qu’elle a fait un très bon travail. KING : Il y a la célèbre cassette où l’on vous voit apparemment avoir une altercation avec, je crois, Brian Oxman, et il y a eu — bien sûr, les correspondants sont devenus fous avec ce tumulte dans la défense de Jackson. De quoi s’agissait-il ? MESEREAU : Je ne vais pas en parler, Larry. Je pense que c’est une question de confidentialité. Brian était un travailleur très acharné. Il connaît les Jackson depuis longtemps. Il leur a fourni une représentation très efficace dans de nombreux domaines. Nous avons eu des différends. Cela arrive dans les grosses affaires quand les enjeux sont élevés. KING : Cela ne nous regarde pas ? MESEREAU : C’est exact. KING : Vous avez dit que Michael avait été victime de mauvais conseils dans le passé, que le règlement à l’amiable d’anciennes allégations d’agression avait fait que l’avidité engendre l’avidité. Dites-vous qu’il n’aurait rien dû régler ? MESEREAU : C’est exact. Je pense que, rétrospectivement — vous savez, nous pouvons tous être des quarterbacks du lundi matin dans la vie et changer des choses que nous avons faites, mais je pense que si Michael pouvait revenir en arrière, il n’aurait jamais réglé ces affaires. Il les aurait combattues jusqu’au bout et le message aurait circulé : ne faites pas de fausses accusations contre Michael Jackson ou vous allez en procès. KING : Oxman représente toujours — il a dit à Paula Zahn — il représente toujours la famille, n’est-ce pas ? MESEREAU : C’est ce que je comprends. Je n’ai pas parlé à Brian depuis qu’il a quitté l’équipe de défense. KING : Craignez-vous qu’il puisse y avoir des poursuites civiles contre Michael après cela ? Ou cela efface-t-il tout ? MESEREAU : Eh bien, je pense que ce serait fou de déposer une poursuite civile contre Michael, compte tenu de ce qui s’est passé dans ce procès. C’est toujours possible. Mais, si cela se fait, il la combattra jusqu’au bout et il gagnera. KING : Son ex-épouse, Debbie Rowe, a été appelée par l’État. Elle a semblé aider la défense. Êtes-vous d’accord ? MESEREAU : Oui. Elle nous a beaucoup aidés. KING : Pourquoi, alors, a-t-elle été appelée ? MESEREAU : Il faudra demander aux procureurs. Ils l’ont invitée à dîner dans un restaurant local la veille. D’après ce que je comprends, on a exercé beaucoup de pression sur elle pour qu’elle dise ce qu’ils voulaient lui faire dire. Quand elle est montée à la barre, elle a dit la vérité et elle a expliqué qui était Michael et elle a été très efficace pour nous. KING : Y a-t-il quelqu’un que vous avez appelé et que vous avez regretté ? MESEREAU : Pas vraiment, Larry. Vous savez, il y a eu quelques témoins qui n’ont pas tout à fait donné ce que nous espérions, mais nous nous en sommes plutôt bien tirés. Nous avons présenté une défense très solide après avoir, je pense, contre-interrogé très efficacement leurs témoins. Nous avons donc eu un nombre extraordinairement élevé de bonnes journées dans ce procès. KING : Parfois, les accusés sont une partie très importante de leur cause, parfois non. Michael était-il très impliqué dans la défense ? MESEREAU : Oui, mais Michael est un artiste. C’est un musicien. Ce n’est pas un avocat de la défense criminelle et il était très disposé à écouter et à faire ce qu’on lui conseillait comme étant la bonne chose, et c’était en fait un plaisir de travailler avec lui. KING : Donc, autrement dit, si vous lui aviez dit : Michael, je pense que vous devriez témoigner, il l’aurait fait ? MESEREAU : Absolument. En fait, il s’y attendait. KING : Nous revenons avec d’autres appels téléphoniques pour Thomas Mesereau dans cette édition de LARRY KING LIVE. Ne partez pas. (PAUSE PUBLICITAIRE) KING : Nous revenons avec Thomas Mesereau. Prenons un autre appel. Glenolden, en Pennsylvanie, allô. INTERLOCUTEUR : Allô, Larry. J’aimerais demander à M. Mesereau s’il est possible qu’une poursuite pour poursuite abusive soit déposée contre le bureau du procureur de Santa Barbara et M. Tom Sneddon ? MESEREAU : Je pense que ce serait justifié, mais je n’en ai pas discuté avec Michael Jackson. Nous venons juste d’avoir le verdict, vous savez, récemment. Il est en convalescence maintenant. Personne n’a vraiment discuté de cette question. Mais si vous me le demandez... KING : Mais vous pensez que c’était malveillant ? MESEREAU : Oui. Je pense qu’il a été traité d’une façon dont personne d’autre n’aurait été traité de manière similaire. C’était parce qu’il était une méga-célébrité. Pourquoi 70 shérifs perquisitionnant le ranch de Neverland, sur la base de ce que cet accusateur et sa famille ont dit, avant même d’avoir enquêté sur les antécédents de l’accusateur et de sa famille ? KING : Donc, vous dites que s’il le voulait, il pourrait intenter une poursuite pour poursuite abusive, et avoir gain de cause ? MESEREAU : Je ne — je ne vais pas dire maintenant quels seraient les mérites ou les lacunes de la poursuite. Cela devrait être exploré. Mais est-ce que je pense que cela a été fait avec malveillance et de façon injuste ? Absolument. KING : Vous avez vécu une tragédie pendant ce procès. Votre sœur est morte d’un cancer du poumon, n’est-ce pas ? MESEREAU : C’est exact. KING : Comment cela a-t-il influencé tout cela pour vous, sur le plan émotif ? MESEREAU : Eh bien, ç’a été très difficile émotivement. Cela s’est produit juste au moment où le procès commençait. Le juge Melville m’a accordé un peu de temps pour m’occuper des funérailles et de tout ce qui s’y rapportait. Ç’a été très difficile, mais je dirai que l’un de ses derniers messages à mon intention était qu’elle pensait que nous allions gagner. Et j’ai pensé à elle tout au long du procès, oui. KING : Quel âge avait-elle ? MESEREAU : Elle avait 53 ans. KING : Elle fumait ? MESEREAU : Oui. Elle fumait depuis l’âge de 13 ans et, malheureusement, cela a eu un lourd tribut. KING : Michael a-t-il été compatissant à propos de ce décès ? MESEREAU : Michael n’a pas seulement été compatissant ; il lui a envoyé le plus beau, le plus grand bouquet de fleurs que vous ayez jamais vu. Il a écrit un petit poème pour elle. Il venait de lui et de ses enfants. Et c’était l’une des choses les plus significatives et les plus merveilleuses qu’il aurait pu faire pour elle durant ses derniers jours. KING : Comment interagit-il avec ses enfants ? MESEREAU : À merveille. Il aime ses enfants. Ils l’aiment. Il passe beaucoup de temps avec eux. C’est un père aimant, dévoué et attentionné. Et ses enfants l’adorent tout simplement. KING : Sont-ils bien élevés ? MESEREAU : Oui. Ce sont des enfants merveilleux. J’étais avec eux hier. KING : Quand vous faisiez votre interrogatoire préparatoire de Michael, quand il faut aborder beaucoup de sujets qui ne sont pas de la conversation de table de tous les jours, était-ce difficile ? Quand il faut demander à son propre client : avez-vous fait cela à ce garçon ? MESEREAU : Je ne vais pas entrer dans les questions que j’ai posées à Michael ; elles sont privilégiées et confidentielles. KING : Bien sûr, mais étaient-elles difficiles pour vous ? MESEREAU : Franchement, non, parce que plus j’apprenais à connaître Michael Jackson et plus je réalisais à quel point ces accusations étaient ridicules, et plus je voyais à quel point c’est une personne douce, généreuse, au grand cœur et honnête, moins c’était difficile. Je veux dire, il a toujours été une personne très directe, honnête et simple dans ses rapports. Et le Michael Jackson que je connais n’a même pas de ressemblance avec le Michael Jackson qu’ils ont tenté de dépeindre. KING : Et quand vous lui posiez... MESEREAU : C’était donc une personne facile à côtoyer. KING : Et quand vous lui posiez des questions, il vous répondait directement ? MESEREAU : Bien sûr. Il est très honnête et très simple. Si vous regardez les quelques entrevues qu’il a accordées, vous voyez une personne très, très simple, qui est très honnête sur qui elle est, honnête sur sa solitude, honnête sur son enfance. C’est une personne très, très honnête, gentille et facile à côtoyer. KING : Et confiant ? MESEREAU : Trop confiant. C’est ce qui a causé sa perte. Il a fait confiance aux mauvaises personnes. Il a eu pitié des mauvaises personnes. Il a essayé de guérir les mauvaises personnes. Et elles se sont retournées contre lui et ont essayé de profiter de lui par le système judiciaire. KING : Sera-t-il plus ferme ? MESEREAU : Oui, il le sera. Nous en avons déjà parlé. Il le sera, c’est certain. Ç’a été une expérience horrible pour lui, et il ne va pas permettre aux gens de courir librement dans sa maison, et — parce qu’il a pitié d’eux et veut prendre soin d’eux et veut les guérir. Il doit devenir beaucoup plus ferme et il le fera. KING : Vous avez dit plus tôt que vous l’avez laissé être lui-même. Vous ne lui avez pas dit quoi porter ni quoi que ce soit, mais l’incident du pyjama qui a fait beaucoup de bruit dans la presse, cela vous a-t-il dérangé ? MESEREAU : Eh bien, mais ce n’était pas quelque chose que quelqu’un avait planifié. Il avait dû aller à l’hôpital. Il s’attendait à y rester peu de temps. Le juge Melville a pris une position très ferme, ce qu’il avait le droit de faire, et a dit : amenez-le ici rapidement ou il allait émettre un mandat d’arrestation. Michael a donc dû courir directement de l’hôpital au palais de justice. Il s’est conformé à l’ordonnance du juge Melville. Ce n’était pas quelque chose que quelqu’un avait planifié ou voulu. C’est simplement arrivé. KING : Pensez-vous que c’était beaucoup de bruit pour rien ? (PAROLES SIMULTANÉES) MESEREAU : Je suis d’accord. Absolument. KING : Donc, vous ne vous occupiez pas de lui dire comment se comporter au tribunal ? Asseyez-vous droit, asseyez-vous comme ceci, faites ceci, faites cela, portez ceci, portez cela ? MESEREAU : Non. Je voulais que Michael Jackson soit qui Michael Jackson est. Et vous savez, les jurés sont intelligents. Ils sont intuitifs. Ils sont instinctifs. Ils savent ce qu’on leur demande de faire à quelqu’un à la table de la défense. Et on ne veut pas que son client fasse quelque chose de faux ou d’irréaliste. Je voulais que Michael Jackson soit exactement qui il était et est, et en soit fier, et c’est ce qu’il a fait. Il n’y avait rien de faux de notre côté de la table. Il y avait beaucoup de choses fausses du côté de la poursuite. KING : Faux ? MESEREAU : Oui. KING : Vous voulez dire qu’ils savaient qu’ils faisaient quelque chose qui n’était pas correct ? MESEREAU : Je ne vois pas comment ils auraient pu ne pas le savoir. Regardez leur théorie du complot, par exemple. Ils essayaient de dire que Michael Jackson avait un motif financier d’essentiellement enlever une famille et de l’expédier au Brésil. C’était la théorie la plus ridicule dont j’aie jamais entendu parler. Je ne sais pas comment ils ont pu la présenter sans rire. Et cela s’est retourné contre eux, comme il se devait. KING : Nous revenons avec d’autres propos de Thomas Mesereau, d’autres appels téléphoniques aussi, dans cette heure très intéressante de LARRY KING LIVE. Ne partez pas. (PAUSE PUBLICITAIRE) KING : Nous revenons. Vous avez mentionné plus tôt que vous encouragiez votre client et que vous essayiez toujours d’être optimiste. Mais devez-vous — devez-vous parler du tout de la possibilité d’un verdict de culpabilité, lui dire ce qui pourrait lui arriver ? Aborder ce qui pourrait arriver ? MESEREAU : Eh bien, Larry, il faut être honnête avec son client en tout temps. On a des obligations éthiques et professionnelles d’expliquer la situation dans laquelle se trouve le client, mais en même temps, vous savez, si on croit vraiment en sa cause et qu’on est vraiment optimiste quant à ses chances, il faut aussi le lui transmettre. Et j’ai toujours été optimiste à propos de cette affaire dès que j’en ai pris connaissance, parce que plus on se penchait sur qui étaient ces accusateurs et sur les témoins que la poursuite allait appeler, plus tout paraissait ridicule. KING : Il n’y avait donc aucune raison de dire : Michael, soyez prêt, vous pourriez être en prison ce soir ? MESEREAU : Eh bien, on ne sait jamais ce que va faire un jury. On ne connaît pas ces 12 personnes. Ce ne sont pas des amis personnels. On ne sait pas ce qui les fait réagir. Mais j’ai toujours eu un bon sentiment à l’égard de ce jury. J’ai toujours senti que notre cause se déroulait très bien. Et j’ai toujours pensé que la vérité l’emporterait. Et j’avais vraiment le sentiment que ces jurés avaient l’esprit très indépendant, que personne n’allait les bousculer, qu’ils allaient suivre la loi et faire ce qui est juste. KING : Tempe, en Arizona, pour Tom Mesereau. Allô. INTERLOCUTEUR : Allô, Larry, j’adore votre émission. KING : Merci. INTERLOCUTEUR : Ma question est la suivante : comment pensez-vous que la couverture médiatique a influencé cette affaire, monsieur Mesereau ? KING : Oui. L’a-t-elle fait ? MESEREAU : Eh bien, en fin de compte, nous avons obtenu le bon résultat. Justice a été rendue. Un innocent est sorti libre. Je ne peux donc pas dire qu’à long terme, les médias ont eu l’effet dommageable que je craignais à certains moments du procès. Le problème que j’ai avec les médias, c’est qu’ils ont essayé d’en faire un cirque. Ils ont cherché à entretenir des préjugés et des partis pris contre M. Jackson, parce qu’ils pensaient que cela générerait de l’intérêt et des cotes d’écoute, et ils ont essayé de faire un cirque de cette affaire. Et dans une certaine mesure, ils y sont parvenus. Mais au bout du compte, la justice a prévalu, parce que ce jury n’allait pas se laisser indûment influencer par d’autres personnes. Il allait faire ce qui était juste, et c’est ce qu’il a fait. KING : Croyez-vous donc — croyez-vous que le jury n’a pas regardé la télévision ? MESEREAU : Je crois que non. Je crois que ce jury a pris très au sérieux les ordonnances du juge Melville. Je crois qu’il a pris son travail très au sérieux et je crois qu’il était déterminé à ne pas se laisser influencer de façon injuste ou indue par qui que ce soit. KING : Manillapan, en Floride, allô. INTERLOCUTEUR : Bonjour, monsieur King. J’adore votre émission. KING : Merci. INTERLOCUTEUR : J’aimerais savoir si M. Mesereau pourrait divulguer le coût approximatif de la défense. MESEREAU : Je suis désolé. Je n’ai pas tout à fait compris la question. KING : Si vous pouviez divulguer le coût approximatif de la défense. MESEREAU : Je ne parlerai pas d’honoraires juridiques ni de coûts. C’est confidentiel. KING : Combien cela a-t-il coûté à l’État ? MESEREAU : Cela a dû leur coûter plusieurs millions de dollars. On m’a dit que le conseil des superviseurs du comté de Santa Barbara s’est insurgé à propos du coût de cette affaire et, si vous regardez le nombre de shérifs, d’enquêteurs, d’experts, de gens et de procureurs mis sur cette affaire, c’est absurde. Ils ne le feraient pas dans une affaire de meurtre. Ils ne le feraient pas dans une affaire de tueur en série, mais ils l’ont fait parce que Michael Jackson est une superstar et qu’ils voulaient abattre une superstar. KING : Quelle a été l’importance de votre enquêteur, Scott Ross ? MESEREAU : Elle a été extrême. Scott Ross a fait un travail fabuleux, tout comme Jesus Castillo, notre deuxième enquêteur. Ils ont été essentiels à notre défense. Ils ont été infatigables. Ils ont été professionnels. Ils ont déterré les faits. Ils ont trouvé les témoins. Ils les ont amenés au tribunal. Ces gars-là ont été tout simplement formidables. KING : Utilisez-vous beaucoup votre équipe, Tom ? D’autres avocats ont-ils travaillé avec vous ? MESEREAU : Oui. Ma coavocate et associée, Susan Yu, a été absolument essentielle à cette défense. Elle a été infatigable dans sa manière de monter la preuve et de m’aider à me préparer. Bob Sanger, mon coavocat de Santa Barbara, était un avocat incroyablement efficace. C’était un avocat plaidant en première instance. Il a plaidé devant les cours d’appel. Il a fait du droit en matière de requêtes. Il connaissait les procédures et le système locaux. Nous avions beaucoup d’assistants qui nous aidaient dans son bureau et dans le mien et ç’a été un grand effort d’équipe, et il a réussi. KING : Et nous reviendrons avec encore quelques moments avec Thomas Mesereau, nous l’interrogerons sur lui, sur son avenir. Ne partez pas. (PAUSE PUBLICITAIRE) KING : Un dernier appel. Gainesville, en Géorgie, allô. INTERLOCUTEUR : Oui. J’aimerais demander à M. Mesereau s’il croit que Tom Sneddon est responsable de la fuite vers la presse du témoignage devant le grand jury. MESEREAU : Je ne sais pas si Tom Sneddon en est personnellement responsable, mais il semble certain que quelqu’un du côté de la poursuite en était responsable et, quand je dis le côté de la poursuite, j’inclus le service du shérif. Comme vous le savez, ces transcriptions ont fuité juste au moment où le procès commençait, et je crois qu’elles ont fuité pour essayer de nuire à l’ensemble du processus. Est-ce que je sais que Tom Sneddon l’a fait personnellement ? Je n’en ai aucune idée, mais je pense que quelqu’un qui favorisait la poursuite l’a fait. C’est ce que je crois. KING : Vous avez dit que Michael va rester à Neverland ? MESEREAU : Je ne connais pas la réponse à cela, Larry. Nous n’avons simplement pas eu l’occasion de parler beaucoup de son avenir. KING : Il a un tel intérêt pour les enfants. Pensez-vous qu’il en accueillera encore ? Ou allez-vous lui déconseiller de... MESEREAU : Encore une fois, eh bien, je n’ai vraiment pas beaucoup parlé à Michael de l’avenir. Je sais, comme nous l’avons dit auparavant, qu’il doit devenir beaucoup plus ferme quant aux gens qu’il laisse entrer dans sa vie, ceux pour qui il a de la peine, ceux qu’il veut guérir et aider, parce que c’est une véritable cible. KING : Nous interrogerons ses frères demain. Une autre chose que je n’ai pas abordée. Avez-vous été surpris — je sais que vous avez quitté l’affaire — avez-vous été surpris du verdict dans l’affaire Robert Blake ? MESEREAU : Non, pas du tout. Comme vous vous en souvenez peut-être, j’ai fait l’enquête préliminaire de trois semaines dans cette affaire. KING : Je m’en souviens. MESEREAU : Je trouvais que l’affaire était pleine de trous et pleine de problèmes. KING : Vous me l’avez dit. MESEREAU : Je n’ai pas du tout été surpris. KING : Vous m’aviez dit à l’époque que vous pensiez qu’il gagnerait. MESEREAU : Oui. KING : Regrettez-vous de l’avoir quitté ? MESEREAU : Non. Vous savez, la vie continue. Nous avons eu une brouille et ces choses arrivent dans le monde très sous pression de la défense criminelle. Mais il a engagé un avocat très, très excellent qui a fait un très excellent travail et il est libre. KING : Chose intéressante à propos de Thomas Mesereau : né à West Point, père lieutenant-colonel ; a travaillé dans l’entreprise de restauration de sa belle-famille, Mama Leone’s, l’un des restaurants les plus prospères de l’histoire des États-Unis, célèbre à New York ; a été boxeur amateur ; et a représenté des accusés dans des affaires de peine de mort dans le Sud, bénévolement, sans honoraires ; offre de l’aide juridique gratuite par l’entremise de la First African Methodist Episcopal Church à Los Angeles — étiez-vous content des excuses d’hier, pour l’esclavage et (INAUDIBLE) les pendaisons ? MESEREAU : Eh bien, quoi — vous savez, Larry, hier a été une journée folle. Quelles excuses... KING : Le Sénat — le Sénat a présenté ses excuses pour le traitement infligé dans le passé aux Noirs américains. MESEREAU : Je suis absolument en faveur de cela, si c’est ainsi que cela a été fait et que cela a été bien formulé, je les appuie absolument. KING : Vous attendez-vous à beaucoup plus d’affaires criminelles ? Je veux dire, vous êtes célèbre, connu partout maintenant. Vous savez, il est évident que vous allez recevoir beaucoup d’appels. Êtes-vous prêt à affronter un déluge de nouveaux dossiers ? MESEREAU : Non, je suis prêt à dormir un peu. KING : Mais vous savez bien que vous allez recevoir beaucoup d’attention maintenant ? MESEREAU : Je suis sûr que oui, et, vous savez, je prendrai les choses comme elles viennent. J’ai des opinions arrêtées sur ma profession. J’aime ce que je fais. Je crois fermement aux droits civils et à faire en sorte que notre système de justice fonctionne, et nous allons simplement aller de l’avant. Je me sens très béni de Dieu d’avoir participé à cette affaire. KING : Combien d’associés dans votre cabinet ? MESEREAU : Seulement quatre associés. C’est un petit cabinet. KING : Pourriez-vous vous agrandir ? MESEREAU : Je ne sais pas. Nous verrons au fur et à mesure. Je n’ai aucun plan, sinon dormir un peu, voir ma famille et mes amis et aller de l’avant. KING : Prendre des vacances pendant un moment ? MESEREAU : J’en aurais bien besoin, oui. KING : Thomas, merci beaucoup pour une heure très instructive. Je vous remercie de nous avoir accordé une heure. Nous savons à quel point vous êtes fatigué. MESEREAU : Eh bien, merci de m’avoir reçu. KING : Thomas Mesereau, avocat de la défense très accompli, toute une carrière, toute une vie, toute une histoire.

Current Affairs

Dans les archives

Découvrez d’autres articles sur ces sujets et dans les archives.

  1. Le jury de Michael Jackson rend son verdict Lire l’article
  2. CNN LARRY KING LIVE : Entrevue avec Jermaine Jackson Lire l’article
  3. Michael Jackson demande la restitution de 600 objets saisis lors de la perquisition de Neverland Lire l’article
  4. Les jurés de Jackson font face à des instructions intimidantes Lire l’article
  5. Les instructions complexes au jury tenues pour responsables de la longue attente de Jackson Lire l’article
  6. Des milliers de journalistes attendent le verdict Lire l’article
  7. ALERTE : des pirates utilisent une fausse rumeur de suicide pour diffuser un virus informatique Lire l’article
  8. Demi-journée pour les jurés de Jackson Lire l’article
  9. Mesereau : l’ordonnance de silence n’a pas été violée Lire l’article
  10. Réactions II Lire l’article
  11. Santa Maria, Californie Lire l’article
  12. Le jury délibère de nouveau dans le procès Jackson Lire l’article