Jeudi, les avocats de Michael Jackson ont ouvert leur preuve dans son procès pour attouchements et complot, en appelant à la barre un jeune homme qui a grandi en connaissant la vedette pop et qui a nié l’affirmation d’un témoin de la poursuite selon laquelle il avait pris une douche avec le chanteur.
Wade Robson arrive au palais de justice du comté de Santa Barbara, à Santa Maria, en Californie, jeudi 5 mai 2005. Robson, 22 ans, danseur professionnel, a témoigné jeudi qu’il connaît Jackson depuis l’âge de 5 ans. Robson a dit avoir séjourné au ranch Neverland de Jackson plus de 20 fois et avoir dormi dans la chambre de Jackson. Robson a catégoriquement nié devant le tribunal que Jackson l’ait déjà touché de façon inappropriée.
La défense a présenté sa preuve après que le juge Rodney S. Melville eut rejeté sa requête en acquittement. Les avocats de Jackson avaient fait valoir que l’État n’avait pas prouvé sa cause et que les témoins de la poursuite avaient « tendance à s’autodétruire » à la barre.
Le premier témoin de la défense, le danseur professionnel Wade J. Robson, a dit qu’il connaît Jackson depuis l’âge de 5 ans et qu’il a séjourné à son ranch de Neverland plus de 20 fois. Il a dormi dans la chambre de Jackson lors de toutes ces visites sauf trois ou quatre, a-t-il dit.
Les deux jouaient à des jeux vidéo, regardaient des films, discutaient et se livraient parfois à des batailles d’oreillers, mais Robson, 22 ans, a dit que Jackson ne l’avait jamais touché de façon inappropriée ou sexuelle.
Une ancienne femme de chambre de Jackson, la mère d’un garçon qui avait obtenu un règlement de plusieurs millions de dollars de Jackson dans les années 1990 après avoir accusé la vedette d’attouchements, avait témoigné auparavant qu’elle avait déjà vu Jackson prendre une douche avec Robson. Robson a dit qu’il n’avait jamais pris de douche avec Jackson.
En contre-interrogatoire, le procureur Ron Zonen a laissé entendre que, lorsque Robson dit que Jackson ne l’a jamais agressé, « ce que vous nous dites vraiment, c’est qu’il ne s’est rien passé quand vous étiez éveillé ».
Robson a répondu : « Je pense qu’une chose comme ça me réveillerait. »
Zonen a ensuite cherché à laisser entendre que le témoin était souvent si épuisé par la pratique de la danse et le plaisir au ranch qu’il aurait pu dormir profondément.
La poursuite a conclu sa preuve mercredi après avoir appelé plus de 80 témoins.
La requête en acquittement a été déposée par la défense immédiatement après la fin de la preuve de la poursuite. De telles requêtes sont courantes et rarement couronnées de succès.
Les avocats de Jackson ont dit que l’accusateur, son frère et sa mère avaient raconté une série de mensonges à la barre, qualifiant la mère de témoin « bizarre » qui avait raconté un « gros mensonge ».
« C’est l’un des témoins les plus manifestement trompeurs à avoir jamais comparu devant un tribunal », a dit l’avocat de la défense Robert Sanger.
Il a dit que la mère avait manifestement été malhonnête lorsqu’elle avait affirmé que son entrevue vidéo réfutant le documentaire était fausse. Il a aussi dit que le frère de l’accusateur avait faussement affirmé n’avoir jamais pointé de couteau sur une femme, et que la sœur avait donné de faux récits de l’endroit où elle dormait à Neverland.
Sanger a aussi dit que des témoins comme l’agente de bord Cynthia Bell, l’ancien employé de Jackson Jesus Salas et l’ex-épouse de Jackson, Deborah Rowe, avaient été appelés par la poursuite mais avaient donné des témoignages favorables à Jackson.
Le procureur de district Tom Sneddon, qui poursuit Jackson depuis plus d’une décennie, a répliqué que la preuve contre la vedette pop était accablante.
« Le mobile de Michael Jackson est clair », a-t-il dit. « La preuve est accablante. C’était une menace de mort pour sa carrière. Il perdait de l’argent à flots. Il avait un problème de liquidités. Le film de Bashir était le coup de grâce qui allait mettre fin à sa carrière si rien n’était fait. »
Le juge a dit qu’il hésitait à se prononcer sur la crédibilité des témoins, laissant entendre que c’était le travail du jury.
Melville a aussi entendu des arguments, mais n’a pas immédiatement tranché la question de savoir si certains éléments présentés pendant la preuve de la poursuite avaient été suffisamment authentifiés par des témoignages pour être admis en preuve.
Source : AP / eMJey