Joseph Vogel
Man In The Music
Samedi 4 juin 2011
Joseph Vogel est doctorant et chargé de cours à l’Université de Rochester, à New York. Bien connu pour ses opinions et essais sur Michael dans le Huffington Post et Pop Matters, il a écrit un livre, The Man In The Music, qui traite du talent musical de Michael et de l’héritage qu’il nous a laissé.
Pour voir un court extrait vidéo sur la sortie du livre, cliquez ici
Vous pouvez précommander le livre sur Amazon ; il sortira le 1er novembre 2011.
Source : You Tube & MJWN, avec nos remerciements à Paula
http://www.youtube.com/watch?v=ehk6E47k2yQ
Joseph Vogel est un écrivain américain et un enseignant à l’Université de Rochester. Il écrit sur la musique et la culture populaire pour le Huffington Post et PopMatters. Il est l’auteur de trois livres, dont le prochain Man in the Music: The Creative Life and Work of Michael Jackson.
Man in the Music doit sortir en librairie ce 1er novembre, et Joe a eu la gentillesse de consacrer du temps à Joie Collins, du MJFC, pour parler de son livre et de ce qui l’a poussé à l’écrire.
JC : Depuis combien de temps écrivez-vous professionnellement ?
JOE : J’écris professionnellement depuis environ cinq ou six ans maintenant.
JC : J’ai vu que l’on vous décrit comme un critique musical et comme un critique de culture populaire. Comment vous décririez-vous ?
JOE : Je me décrirais comme un interprète de l’art sous toutes ses formes. Je fais des critiques et des articles de fond sur la musique pour The Huffington Post et maintenant PopMatters. Sur le plan universitaire, j’ai surtout été formé en critique littéraire, mais il y a tellement de travail interdisciplinaire de nos jours que j’ai aussi enseigné et écrit sur la musique, le cinéma, l’histoire, la psychologie, la philosophie, la politique, etc.
JC : Avec tous les livres écrits sur Michael, qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire celui-ci ?
JOE : Il n’avait pas été écrit. J’ai toujours été fasciné par Michael, mais il y avait si peu de choses substantielles à lire, en particulier sur son processus créatif et le sens de son œuvre.
JC : Qu’espérez-vous accomplir avec ce livre ?
JOE : J’ai le sentiment que Michael n’a vraiment pas reçu le respect qu’il mérite de la part des critiques et des journalistes. Quand on lit les évaluations de son travail, il y a tellement de condescendance et de partialité. Je veux amorcer une grande réévaluation critique de son œuvre, en particulier de ses travaux d’après les années 1980, qui sont incroyables et méritent bien plus d’attention. De plus, je veux que l’acheteur de livres moyen puisse entrer dans sa librairie locale et y trouver une alternative aux livres-révélations et au sensationnalisme des tabloïds.
JC : Je suis d’accord, on dirait que tout le monde reste un peu bloqué sur THRILLER et BAD, alors que certaines des meilleures œuvres de Michael sont venues plus tard avec DANGEROUS, HIStory et INVINCIBLE. Même les cinq chansons originales de BLOOD ON THE DANCE FLOOR sont formidables. À votre avis, lequel de ces albums plus tardifs mérite le plus qu’on s’y attarde ?
JOE : Ils sont tous très bons — Michael ne faisait pas de disques médiocres. Mais pour moi, DANGEROUS et HIStory sont deux des albums les plus solides de la décennie. J’aimerais que davantage d’auditeurs découvrent ce qu’ils ont à offrir. J’ai lu un article dans lequel le critique musical Robert Hilburn parlait à Michael en 1995 de la façon dont son travail avait décliné selon de nombreux critiques et dirigeants. Cela a dû être si frustrant pour Michael, parce qu’il était là, vraiment à son apogée créatif, faisant certaines de ses œuvres les plus impressionnantes et les plus audacieuses, mais les critiques n’y comprenaient rien. Ou ils ne pouvaient pas voir au-delà de ses « excentricités ». Ou ils s’attendaient à une répétition de THRILLER, commercialement et stylistiquement. Cela a profondément blessé Michael — mais il croyait que la musique, au bout du compte, résisterait, et elle résistera. Des chansons comme « Who Is It », « Stranger in Moscow », « They Don’t Care About Us » et « Give In To Me » figurent parmi les meilleures de tout son catalogue.
JC : Il est rare de voir une étude positive de l’art de Michael ; comme vous pouvez l’imaginer, les fans sont donc très enthousiastes à propos de ce livre. Qu’est-ce qui vous a donné envie d’explorer le processus créatif de Michael ?
JOE : C’est passionnant de vraiment s’immerger dans un grand art et d’explorer ce qui s’y passe et ce qui y est transmis. C’est passionnant d’aller dans les coulisses et de voir comment un grand artiste travaille. C’est ce qui a rendu This Is It si fascinant. Je suppose que, parfois, voir derrière le rideau peut gâcher la magie, mais avec Michael, ce n’était pas le cas. Plus j’en apprenais sur sa façon de travailler, plus j’étais impressionné.
JC : Pensez-vous que ce livre s’adresse aux fans ou que le grand public l’appréciera aussi ?
JOE : J’espère qu’il servira de cadeau aux fans et d’électrochoc pour le grand public. Cela me rend très heureux de voir à quel point les fans sont enthousiastes à propos du livre — ils méritent de voir Michael représenté de cette façon. Mais j’aimerais que les gens qui ne le connaissent pas bien, ou qui ne le connaissent que comme un phénomène ou une figure de tabloïd, voient ce qui a fait de lui un artiste si brillant.
JC : Je remarque que, dans les cours que vous donnez ce semestre à l’Université de Rochester, vous utilisez souvent Michael comme outil pédagogique. Que pensez-vous que nous devrions tous apprendre de lui ?
JOE : Il y a tant à explorer et à apprendre. C’est l’une des raisons pour lesquelles Michael résistera au temps, et ce qui le place dans une tout autre catégorie que ses imitateurs. La plupart des musiciens pop sont unidimensionnels. L’œuvre de Michael est multidimensionnelle ; elle est éclectique, nuancée, novatrice et évocatrice. Plus on lui apporte, plus on en retire.
JC : Vous avez commencé à écrire Man in the Music en 2005. Pouvez-vous nous dire ce qui vous a poussé à commencer à l’écrire ?
JOE : C’était pendant son procès. Je me souviens d’avoir regardé la couverture médiatique et d’avoir été absolument dégoûté. Même s’il a été acquitté, il a été massacré par les médias. J’avais assez fait de recherches sur l’affaire pour savoir que les allégations étaient fausses. Je savais qu’il y aurait probablement une avalanche de livres sur le procès ; ce que je voulais couvrir, c’était son travail créatif. Il était devenu une telle caricature pour tant de gens que je voulais recentrer l’attention sur sa musique et son humanité. J’ai donc commencé à faire des recherches et à écrire cette année-là.
JC : En faisant des recherches pour le livre, avez-vous rencontré des surprises concernant le processus créatif de Michael ou peut-être quelque chose que vous aviez tenu pour acquis auparavant ?
JOE : J’ai été surpris par sa patience et sa retenue. Imaginez garder des chansons comme « In the Back », « Blue Gangsta » et « We’ve Had Enough ». Ce sont des chansons sur lesquelles il a vraiment travaillé dur. Mais il était tellement perfectionniste que, si une chanson n’était pas prête ou ne convenait pas à un album, il la gardait. Et dans bien des cas, cette patience a payé. « Earth Song », par exemple, a été laissée de côté sur DANGEROUS. Elle était déjà incroyable, mais il l’a améliorée pour HIStory.
JC : Pour ce livre, vous avez interviewé beaucoup de gens qui ont réellement travaillé avec Michael en studio. Pouvez-vous nous donner un petit aperçu et nous dire avec quelles personnes vous avez parlé en faisant des recherches pour le livre ?
JOE : J’ai parlé avec des gens comme Bruce Swedien, Matt Forger, Bill Bottrell et Brad Buxer, entre autres.
JC : Dans une récente interview avec le Michael Jackson Tribute Portrait, vous avez mentionné que vous auriez facilement pu écrire des livres entiers sur chacun des albums de Michael. Y a-t-il une chance que nous voyions une série de livres à l’avenir ?
JOE : J’aimerais beaucoup, mais cela demanderait énormément de temps et de ressources. Ce que j’ai fait pour Man in the Music n’est que la pointe de l’iceberg par rapport à ce qui pourrait être fait. J’ai fini par couper des centaines de pages. Sans les échéances, j’y aurais passé des années de plus, à peaufiner, réviser et ajouter. Après sa mort surtout, j’ai ressenti une énorme responsabilité de bien faire les choses et de rendre justice à son travail autant que possible. Mais c’est une tâche énorme. S’il y a une chose que j’aurais aimé faire davantage pour ce livre, ce sont des entrevues avec toutes les personnes impliquées dans ces albums. Nous avons besoin de plus de précision sur la façon dont les albums et les chansons ont été réalisés. Plus de détails. J’en ai fait autant que j’ai pu dans les circonstances, mais il reste beaucoup à faire pour préserver l’histoire.
JC : J’ai vu un blogue que vous avez écrit il y a quelques semaines sur les 10 meilleures chansons de Michael hors albums studio et, en le lisant, je me suis rappelé à quel point il y en a. Chacune d’elles, même à leurs différents stades d’achèvement, est un absolu chef-d’œuvre musical. Que pensez-vous de ces chansons ?
JOE : La profondeur du catalogue de Michael est très impressionnante. Dans le livre, j’inclus environ 5 à 15 chansons supplémentaires par chapitre qui ont été enregistrées pendant chaque époque respective. Certaines de ces chansons — comme « Streetwalker » ou « Much Too Soon » — sont vraiment incroyables et méritent autant d’attention que les chansons des albums studio.
JC : Quel a été votre sentiment face à la réaction initiale des fans à l’album MICHAEL et à leur insistance sur le fait que les voix n’étaient pas authentiques ?
JOE : Je comprends les préoccupations. Les voix sonnent étrangement sur les morceaux des Cascio et les Cascio n’ont pas offert grand-chose pour expliquer leur origine et leur processus d’enregistrement. Je pense que la succession et Sony ont fait tout ce qu’elles pouvaient pour vérifier. J’espère que les Cascio seront plus transparents pour répondre aux préoccupations des fans.
JC : Il y a tant de chansons inédites qui circulent sur Internet — « Blue Gansta », « If You Don’t Love Me », « Slave To The Rhythm », « You Are All I Need », entre autres. Et tant d’autres qui dorment quelque part dans un coffre-fort et n’ont jamais vu le jour. Pensez-vous que ce matériel inédit devrait être publié sur d’autres albums posthumes à l’avenir ?
JOE : Je pense absolument que ce matériel devrait être publié, et il le sera [publié] avec le temps. Ce serait dommage qu’il prenne la poussière alors qu’il y a tant de musique exceptionnelle et tant de gens qui veulent l’entendre. De plus, ne serait-ce que d’un point de vue historique, c’est important. J’espère simplement que les démos seront publiées avec les remix qui seront réalisés.
JC : Du vivant de Michael, son génie musical était souvent négligé. Que pensez-vous du regain d’intérêt pour son art et de la nouvelle génération de jeunes fans depuis sa disparition ?
JOE : C’est logique. C’est un rituel culturel de longue date que de n’apprécier vraiment la grandeur qu’avec le recul. Mais tout de même, c’est agréable de voir de jeunes gens, qui ne l’ont vraiment connu qu’à sa mort, être exposés à son œuvre et l’apprécier.
JC : Michael a écrit certaines des chansons les plus emblématiques de notre histoire et pourtant, de nombreux critiques, amateurs comme professionnels, refusent encore de le reconnaître comme un auteur-compositeur de grand mérite comme ils le font pour Paul McCartney, Bruce Springsteen, Bob Dylan ou même Prince. Pourquoi pensez-vous que Michael ne reçoit toujours pas le respect qu’il mérite dans ce domaine ?
JOE : C’est une très bonne question à laquelle j’essaie de répondre dans le livre. Cela fait intervenir toute une gamme de préjugés, notamment la race, le personnage public, la popularité, les genres/styles, etc. De plus, Michael n’écrivait pas ses paroles de la même manière que quelqu’un comme Dylan ou Springsteen. Ses paroles ne sont pas toujours intrinsèquement poétiques (même si elles peuvent certainement l’être — voyez des chansons comme « Stranger in Moscow » ou « Scared of the Moon »). Sa vocalisation, en revanche, était comme un instrument, capable de transmettre des émotions au-delà des limites du langage. Ainsi, même ses scats, ses halètements, ses exclamations et ses cris transmettent des émotions très nuancées. Même s’il chantait un cliché, il parvenait d’une façon ou d’une autre à y injecter authenticité et profondeur.
JC : Dans votre interview avec le Michael Jackson Tribute Portrait, vous avez dit : « Michael croyait que la meilleure façon pour les gens de le comprendre était à travers son art. J’ai trouvé que c’était le cas. Tout ce qui est essentiel ressort de son œuvre. » Si cette affirmation est vraie — et je crois qu’elle l’est —, pourquoi pensez-vous que Michael était, et est toujours, si incompris du grand public ? Sommes-nous, en tant que société, trop blasés ou cyniques pour le voir tel qu’il était vraiment ?
JOE : Les gens, je crois, ne prêtent toujours pas assez attention à sa musique. Tout ce à quoi ils pensent, c’est THRILLER et, même avec cela, ils ont tendance à en discuter de manière très superficielle. Il faut de l’ouverture et de l’attention pour vraiment comprendre quelqu’un ou quelque chose. Et pour beaucoup de gens, il est tout simplement plus facile de voir Michael Jackson comme une caricature.
JC : Malheureusement, je dois être d’accord avec vous. Pensez-vous qu’avec le temps, nous verrons enfin Michael célébré comme le véritable interprète ultime qu’il était ?
JOE : Michael résistera. Sa place dans l’histoire est assurée. Hampton Stevens, de The Atlantic, soutient de façon convaincante qu’il est l’artiste le plus influent du XXe siècle. Sera-t-il un jour universellement apprécié ? Je n’en suis pas sûr. Souvent, les grands artistes peuvent être polarisants. Mais nous avons vu son énorme influence mondiale à sa mort — la réaction a été sans précédent.
JC : Nous venons de célébrer le Jour de la Terre, le 22 avril. Vous avez dit récemment que vous croyez que « Earth Song » de Michael est l’hymne le plus important de notre époque. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?
JOE : Euh... Je vais en rester là pour l’instant puisque je publie un texte à ce sujet cet été. Restez à l’écoute !
JC : Très bien ! Enfin, les efforts caritatifs de Michael ont été largement ignorés de son vivant. Maintenant, il semble que les gens regardent en arrière et qu’il commence enfin à être reconnu comme le grand humanitaire qu’il était. Que pensez-vous de l’héritage humanitaire de Michael ?
JOE : Je pense qu’il est profond. Il a porté l’activisme à un tout autre niveau. Il était tissé dans la trame de sa musique. Il ne voulait pas simplement vendre des disques et être célèbre ; il voulait changer la conscience des gens. Il était comme John Lennon à cet égard ; Michael a pris le relais et élargi le rôle. À bien des égards, il est devenu la voix des sans-voix, qu’il s’agisse des victimes du sida, des abus, de la guerre, de la pauvreté ou de l’injustice.
Le MJFC tient à adresser un « merci » sincère à Joe Vogel pour son temps et sa volonté de nous parler ! Et aussi pour ses efforts pour faire paraître « Man in the Music ». Nous espérons sincèrement que ce livre très attendu apportera à la fois du plaisir aux fans de Michael Jackson et des lumières aux autres.
Man in the Music: The Creative Life and Work of Michael Jackson est maintenant disponible en précommande sur Amazon.com, et vous pouvez aussi visiter le site web de Joe Vogel pour plus de détails.
*Et n’oubliez pas de revenir consulter le MJFC pour avoir la chance de GAGNER UN EXEMPLAIRE GRATUIT de « Man in the Music » !
Entrevue avec Joseph Vogel
Mardi 11 octobre 2011
Joseph Vogel est l’auteur du livre très attendu Man in the Music: The Creative Work and Life of Michael Jackson. Le livre sera disponible le 1er novembre, mais nous, ici chez MJWN, avons eu la chance d’en lire un exemplaire en avant-première et pouvons assurer aux fans de Michael que c’est une lecture fascinante qui vous captivera instantanément. Joseph Vogel analyse méticuleusement chaque morceau de la carrière solo de Michael Jackson (à partir de « Off The Wall ») et situe chaque album dans son contexte social et historique afin d’explorer la signification culturelle et l’impact que Michael a eus avec chaque album et chaque réinvention musicale. « Man in the Music... » était si captivant que nous avons dû poser quelques questions à Joseph pour en savoir plus sur le travail qui a été investi dans ce livre incontournable.
L’objectif de Man in the Music: The Creative Life and Work of Michael Jackson était de redonner vie à Michael Jackson « l’artiste » ; qu’est-ce qui vous a poussé à franchir cette étape et à passer à l’action ?
J’ai grandi avec la musique de Michael Jackson. Ce n’était pas un simple « Oh, “Thriller” passait à la radio quand j’étais jeune » — je veux dire que j’ai grandi avec lui comme les générations précédentes ont grandi avec Bob Dylan ou les Beatles, où la musique est en vous, où elle a eu un véritable impact sur votre vie. Alors, en 2005, en regardant ce cirque se dérouler à la télé autour de son procès, j’ai décidé d’écrire le livre. Je voulais que les gens reconnaissent la profondeur, la richesse et la vitalité de son œuvre. Michael est une figure si complexe et énigmatique, mais je crois absolument qu’il avait raison lorsqu’il disait avoir « lié son âme à son œuvre ». C’est, à mon avis, la meilleure façon de comprendre qui il était.
Parcourir chaque morceau de la carrière solo de Michael Jackson n’est pas un mince exploit — par où avez-vous commencé votre processus de restauration de la réputation créative de Michael ?
J’ai sauté beaucoup d’un sujet à l’autre. Je crois avoir terminé les ébauches de « Off the Wall » et de « Dangerous » en premier. Mais en réalité, c’était simplement un processus d’immersion dans son œuvre, et si j’avais une idée sur une chanson particulière ou découvrais quelque chose de nouveau sur un album dans une entrevue ou un article, je travaillais là-dessus.
Avez-vous bénéficié du soutien de la succession de Michael Jackson pour votre travail et vos recherches ? A-t-elle bien accueilli votre approche universitaire pour écrire sur Michael ?
La succession a été très favorable. Cela m’a beaucoup dit sur leur souci sincère de l’héritage de Michael, parce que mon livre n’allait pas générer des millions de dollars comme « This Is It » ou le Cirque du Soleil. Mais ils ont lu quelques chapitres dès le début et John l’a beaucoup aimé. Il m’a donné d’excellents commentaires. C’était amusant, il appelait ou envoyait un courriel et disait des choses comme : « Vous savez, vous pourriez souligner à quel point c’était incroyable à l’époque que “You Are Not Alone” fasse ses débuts à la première place. » Ou il précisait certains détails dont il avait une connaissance personnelle. Il était clair qu’il était enthousiaste de voir Michael vraiment reconnu et exploré en tant qu’artiste dans un livre.
En écrivant sur les paroles de Michael et l’instrumentation de ses chansons, avez-vous trouvé difficile de séparer la musique des images emblématiques auxquelles une grande partie de son catalogue est liée ?
Oui. Et c’est pourquoi j’ai fini par céder et me donner plus de travail en évaluant les vidéos et les autres représentations visuelles ainsi que les chansons. Ils sont simplement trop entrelacés pour être ignorés.
Vous retracez le parcours artistique de Michael avec un détail minutieux et une analyse sensible, par exemple ses expressions de liberté personnelle sur « Off The Wall » et ses penchants romantiques sur « Dangerous ». Quelle époque de la carrière de Michael trouvez-vous la plus fascinante, et pourquoi ?
Honnêtement, je pense que chaque album est fascinant à sa manière. L’un des signes d’un grand art, c’est qu’il s’améliore à mesure qu’on creuse et qu’on explore. C’était le cas avec Michael Jackson. On s’immerge dans un album et, lentement, il commence à se révéler. On découvre de nouvelles choses à chaque écoute : de nouveaux sons, de nouveaux motifs, de nouvelles connexions. J’ai donc l’impression d’être tombé amoureux de chaque album pour des raisons différentes. J’aime la joie pure et l’énergie de « Off the Wall » ; j’aime les contrastes de « Thriller » ; j’aime les lignes de basse et l’ambiance cinématographique de « Bad ». Etc., etc. Cela dit, si j’étais forcé de choisir, j’opterais probablement pour l’époque « Dangerous/HIStory » comme la plus fascinante parce qu’elle couvre un spectre énorme de styles, d’émotions et d’idées. Je pense que ce sont les visions artistiques les plus complètes et les plus abouties de Michael.
Le chapitre de votre livre que j’ai trouvé le plus surprenant était votre vision de « Blood on the Dance Floor » comme un EP conceptuel consumé par des thèmes sombres ; y a-t-il quelque chose de particulier que vous avez découvert dans vos recherches et analyses qui vous a surpris ?
Il y avait beaucoup de choses. J’ai constamment été étonné de voir à quel point il était conscient de ses décisions artistiques. Rien n’arrivait par accident. Il savait exactement ce qu’il voulait. Donc, même sur un album comme « Blood on the Dance Floor », qu’il ne voulait pas vraiment faire au départ, une fois engagé, il était engagé. Il savait ce qu’il voulait assembler, les ambiances, les textures et les émotions qu’il voulait évoquer. Et il était très pointilleux sur tous les détails nécessaires pour communiquer ce qu’il entendait et voyait dans sa tête.
Les recherches qui ont nourri votre livre sont inégalées. Y a-t-il des livres ou des articles en particulier que vous recommanderiez aux fans de Michael Jackson ?
J’ai une page Michael Jackson Studies sur mon site web où j’ai répertorié bon nombre des sources qui m’ont été utiles. Mes deux livres préférés sont probablement « Dancing the Dream » de Michael et « Keep Moving: The Michael Jackson Chronicles » d’Armond White. (Cliquez ici pour voir le site web de Joe).
(http://www.joevogel.net/mj-studies)
Vous venez aussi de publier « Earth Song: Inside Michael Jackson’s Magnum Opus ». C’est toute une déclaration ! Pourquoi, pour vous, « Earth Song » est-elle la plus grande œuvre de Michael Jackson ?
Ma réponse plus complète se trouve dans le livre. J’ai simplement le sentiment que la chanson englobe tant de choses. Il y a tant de puissance, d’urgence et de passion dans son interprétation. J’ai probablement entendu la chanson mille fois et j’ai encore la chair de poule chaque fois que je l’entends. C’est véritablement une chanson épique qui passera, je crois, à l’histoire comme l’une des œuvres musicales les plus importantes du siècle dernier.
Si on vous poussait dans vos retranchements, quel est votre album préféré de Michael Jackson ?
« Dangerous » a été mon préféré pendant longtemps, mais depuis quelques années, « HIStory » est passé à la première place. Ils sont toutefois très proches, tout comme les autres. Michael ne faisait pas de mauvais albums.
Entrevue réalisée par Kate Allen pour MJWN, avec des remerciements particuliers à Joseph Vogel
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