Questions-réponses exclusives de MJJC avec le Dr Steve Shafer, partie 2
Mercredi 21 décembre 2011, 9 h 25
inShare
Voici la partie 2 sur 3 des réponses du Dr Steve Shafer aux questions de MJJCommunity. Dans ce deuxième volet, le Dr Shafer répondra à des questions sur le Dr Paul White, Conrad Murray et la mort de Michael Jackson.
Questions sur le Dr White
MJJC : En regardant le procès, on avait l’impression qu’il y avait de l’animosité ou une brouille entre vous et le Dr White. Avons-nous raison ? Si oui, cette brouille découle-t-elle des événements du procès ou y a-t-il un historique ?
Dr Steve Shafer : Paul est un ami depuis près de trois décennies. Le Paul White que vous avez vu à la télévision n’était pas le Paul White que je connais depuis la faculté de médecine. Il a apporté de nombreuses contributions à notre spécialité. J’espère que ses contributions seront son héritage durable, et non sa défense de Conrad Murray.
Paul est un mentor que j’ai chéri depuis que j’étais étudiant en médecine. Je n’étais pas son « étudiant » comme l’a déclaré Chernoff, et je n’ai pas apprécié l’insinuation selon laquelle Paul m’aurait enseigné ce que je savais sur le propofol. Cependant, Paul m’a conseillé sur tout, des études de médecine aux histoires de cœur. Je m’attendais à ce que Chernoff demande : « Le Dr White n’a-t-il pas été un mentor pour vous ? » J’étais prêt à répondre « oui ».
MJJC : Que pensez-vous du témoignage et du comportement du Dr White ? Quoi que ce soit de ce qu’il a dit a-t-il changé votre opinion sur votre collègue ? Avez-vous été surpris par les choses qu’il a dites et les choses qu’il a faites (comme ses commentaires aux médias) ou n’a pas faites (comme ne pas tenir ses propres dossiers, ne pas superviser l’expérience sur le beagle) ?
Dr Steve Shafer : Il y avait des erreurs factuelles dans le témoignage de Paul. Paul est capable d’un travail universitaire remarquable. Je ne connais pas la dynamique de sa relation avec l’équipe de la défense qui l’a amené à ne pas faire le gros travail qu’il fait habituellement pour vérifier la littérature. J’aurais aimé qu’il me contacte à l’avance. J’aurais été heureux de l’aider à passer en revue la littérature et à expliquer la science.
Les approches différentes de la science et du droit pour discerner la vérité ont fait défaut à Paul. S’il s’était agi d’une discussion sur un manuscrit scientifique, Paul et moi nous serions parlé directement, sans avocats essayant de discréditer l’un ou l’autre. Nous aurions aligné des articles et des arguments et « réglé ça » par courriel, ou peut-être autour d’un long déjeuner dans l’un de nos restaurants mexicains préférés. Cela aurait fonctionné et la science aurait été juste (du moins aussi « juste » que nous aurions pu la rendre). Il n’y aurait eu aucune conséquence négative pour l’un ou l’autre. En tant que scientifiques collaborant pour « faire les choses correctement », nous aurions bien fait. Le système de justice pénale n’est pas conçu pour permettre à des scientifiques représentant des parties adverses de collaborer afin de trouver la vérité.
MJJC : Êtes-vous toujours ami avec le Dr White ?
Dr Steve Shafer : Il y a peut-être des sentiments blessés, mais nous passerons à autre chose. Nous avons beaucoup d’histoire en commun.
MJJC : Vous avez travaillé avec le Dr White et vous êtes/étiez ami avec lui. Comment est-il possible d’avoir deux opinions complètement différentes sur ce qui s’est passé la nuit du 25 juin 2009 entre deux personnes proches ?
Dr Steve Shafer : Paul White a admis au tribunal qu’il n’avait considéré que des scénarios d’auto-injection. Cela a sévèrement limité les scénarios qu’il a envisagés.
MJJC : Que pensez-vous du fait que votre collègue, le Dr White, fasse tout son possible pour justifier les actes de Conrad Murray d’un point de vue médical ?
Dr Steve Shafer : Je ne le comprends pas du tout.
Questions sur le Dr Murray
MJJC : Avez-vous délibérément évité d’appeler Conrad Murray « docteur » pendant votre témoignage ? Avez-vous entendu les reportages sur la fureur que cela lui a causée ?
Dr Steve Shafer : Je n’étais pas au courant. Cela ne me ressemblerait pas du tout de l’appeler « M. Murray », car j’ai l’habitude d’être respectueux. Je l’ai probablement appelé simplement « Conrad Murray ». Si je n’ai jamais dit « Dr Conrad Murray », alors c’est bien un lapsus freudien. Je ne le vois pas comme un médecin.
MJJC : Les téléspectateurs à la maison ont pu voir Murray perdre son calme quand vous avez commencé la démonstration de la perfusion IV ; cet accès de colère était-il perceptible pour vous depuis votre position dans la salle d’audience ?
Dr Steve Shafer : J’en ai entendu parler, mais je ne l’ai pas observé personnellement. J’étais concentré sur le jury.
MJJC : Si oui, craigniez-vous ce que Murray pourrait faire (c.-à-d. pensiez-vous qu’il pourrait vous attaquer physiquement) ?
Dr Steve Shafer : Pas du tout.
MJJC : Que pensez-vous de Murray en tant que médecin ?
Dr Steve Shafer : Je crois qu’il a violé la confiance fondamentale entre médecins et patients, et qu’il l’a fait non pas lors d’un incident isolé sous la contrainte, mais intentionnellement et de façon répétée. Ce n’est pas quelque chose qu’un médecin ferait.
MJJC : Avez-vous entendu parler du documentaire sur Conrad Murray et/ou l’avez-vous regardé ?
Dr Steve Shafer : Non, j’en ai juste entendu parler.
MJJC : Si oui, qu’en pensez-vous ? Pensez-vous que sa participation à ce documentaire prouve davantage le manque d’éthique professionnelle de Murray et qu’il ne convient pas à la profession médicale ?
Dr Steve Shafer : Je ne peux pas imaginer pourquoi il participerait à un documentaire qui serait diffusé avant le prononcé de la peine. Apparemment, ils ont filmé les avocats s’injuriant, avec Paul White et Conrad Murray sur un canapé chez Flanagan. Cela semble imprudent pour toutes les personnes impliquées.
Questions sur le rôle du propofol dans la mort de Michael Jackson
MJJC : D’après tout ce que vous savez, que pensez-vous qu’il s’est passé le 25 juin 2009 ?
Dr Steve Shafer : Michael Jackson est mort d’un arrêt respiratoire (sa respiration s’est arrêtée) pendant qu’il recevait du propofol, exactement comme l’a rapporté le coroner. Il y a eu une contribution du lorazépam, également comme l’a rapporté le coroner. Le coroner a vu juste.
MJJC : Dans quelle mesure êtes-vous convaincu que MJ était sous perfusion cette nuit-là ?
Dr Steve Shafer : J’en suis complètement convaincu. Murray a admis utiliser une perfusion chaque nuit. Il a dit qu’il essayait de sevrer Michael Jackson. Je ne le crois pas. Les niveaux de propofol dans l’urine suggèrent des doses massives, de plus de 2 000 mg, comme je l’ai expliqué dans mon témoignage en réfutation. Les niveaux sanguins montrent des concentrations anesthésiques de propofol. Tout concorde avec une perfusion (goutte-à-goutte).
MJJC : Si l’on met de côté l’interrogatoire de police de Murray, selon votre opinion professionnelle, depuis combien de temps MJ était-il parti avant que Murray ne le trouve enfin ? Certains experts ont l’impression que le retard à appeler le 911 ne peut s’expliquer que par le fait qu’il savait déjà que MJ était mort.
Dr Steve Shafer : Je pense qu’il était déjà mort, mais c’est vraiment spéculatif. Je ne crois rien de ce que dit Conrad Murray, et il n’y a aucun dossier. Mon hypothèse qu’il était mort repose sur la fenêtre limitée entre l’arrêt de la respiration et la mort (10 à 20 minutes). Murray aurait dû l’observer durant cette fenêtre pour avoir une chance de le réanimer.
MJJC : Certaines rumeurs disent que Michael a en fait pris un repas la nuit de sa mort sous les soi-disant « soins » de Murray. Pensez-vous que Michael était à jeun pendant la durée requise ? Ou était-ce encore un écart de plus par rapport à la norme de soins de la part de Murray ? Qu’en pensez-vous ?
Dr Steve Shafer : Je ne connais aucune donnée suggérant que Michael Jackson ait jamais été à jeun. Cela n’apparaît nulle part dans le dossier. Je suppose qu’il a mangé, parce qu’il aurait probablement eu faim après une répétition intense.
MJJC : Que pensez-vous du 19 juin (le courriel de Kenny Ortega décrivant Michael — frissons, l’air perdu) et du 21 juin (symptômes de chaud et de froid décrits par Cherylin Lee) ? D’où pourraient venir ces symptômes ?
Dr Steve Shafer : C’est difficile à savoir. La défense a proposé qu’il puisse s’agir d’un sevrage du Demerol, et c’est exact. Il pourrait aussi s’agir d’un sevrage du lorazépam. Le sevrage du propofol n’a pas été décrit, parce que personne d’autre que Michael Jackson n’a jamais reçu du propofol nuit après nuit pour l’insomnie. Cependant, au moins en théorie, il pourrait s’agir d’un sevrage du propofol.
Cependant, il pourrait aussi s’agir du genre de maladie habituel : la « grippe intestinale » ou un mauvais rhume. Il n’y a aucun moyen de le savoir.
MJJC : Avez-vous une opinion sur les 23 et 24 juin, quand Michael semblait se sentir très bien ? D’où pourrait venir cette amélioration ?
Dr Steve Shafer : Je ne sais pas. Après le procès, j’ai regardé « This Is It ». Il y avait une excitation et une exubérance évidentes à l’approche de la fin des répétitions et de la tournée. Il pourrait simplement s’agir d’excitation et d’exubérance dans l’attente de la tournée.
MJJC : Êtes-vous surpris que MJ ne soit pas mort avant le 25 juin après avoir appris que Murray donnait du propofol à MJ sans équipement approprié pendant 2 mois (selon Murray) avant la mort de MJ ?
Dr Steve Shafer : Oui. Je pense que c’est assez surprenant. Nous ne savons pas s’il y a eu des situations critiques auparavant, parce qu’il n’y a aucun dossier.
MJJC : L’enregistrement audio de mai 2009 dans lequel Michael mâchait ses mots a attiré beaucoup d’attention. Dans une interview, le Dr Murray a dit que Michael était sous l’influence du propofol pendant cet enregistrement. Cependant, certaines personnes disent que le propofol ne cause pas d’élocution pâteuse. Que pensez-vous de cet enregistrement ? Avez-vous une idée des drogues qui peuvent causer cette élocution ?
Dr Steve Shafer : Les sédatifs causent une élocution pâteuse. Cela pourrait avoir été causé par le midazolam, le lorazépam ou le propofol.
MJJC : Pensez-vous qu’il y avait une chance pour que Michael soit en bonne santé et poursuive une vie normale après un arrêt respiratoire aussi long, même si les ambulanciers avaient pu le réanimer ?
Dr Steve Shafer : Définitivement, s’ils étaient arrivés à temps.
MJJC : C’est une question difficile, mais nous devons la poser. Quand une surdose de propofol cause la mort, comme cela est arrivé à Michael, la personne souffre-t-elle ? Ressent-elle de la douleur ? Ou est-ce comme mourir dans son sommeil, sans rien sentir ?
Dr Steve Shafer : C’est une question à laquelle il est facile de répondre : il n’y a aucune souffrance avec une surdose de propofol. La personne s’endort rapidement et confortablement. Le cerveau est profondément déprimé, et il ne revient jamais à la conscience.
MJJC : Si Michael avait été votre patient et vous avait demandé du propofol pour l’aider à dormir, comment auriez-vous réagi ? Que lui auriez-vous suggéré ? Lui auriez-vous recommandé de consulter un spécialiste du sommeil ?
Dr Steve Shafer : Voilà absolument la bonne question à poser ! Je l’aurais adressé à un spécialiste du sommeil. Il avait un trouble du sommeil très grave qui menaçait sa tournée, sa capacité à se produire, sa capacité à créer de la musique et potentiellement sa vie. Il avait besoin de soins urgents de la part de quelqu’un qui sait ce qu’il ou elle fait.
MJJC : Savez-vous quels seraient les effets à long terme de l’utilisation du propofol ? Murray a indiqué que MJ utilisait du propofol depuis 6 semaines, apparemment pour dormir 8 heures environ par nuit. Avez-vous déjà lu des études de cas de patients qui font cela ou, comme cela a été avancé au procès, MJ était-il une expérience ?
Dr Steve Shafer : C’était une expérience. Je ne pense pas qu’aucun autre patient au monde ait jamais reçu cela. Il peut y avoir des effets à long terme — c’est une question à laquelle on ne peut pas répondre sans recherche clinique. Je ne sais pas à quels effets s’attendre, mais il semble probable qu’une tolérance et une dépendance se développeraient.
MJJC : Et sur des périodes encore plus longues, comme des mois ou même des années de sédation profonde au propofol, cela pourrait-il affecter la santé humaine et certains organes ? Est-il possible de prendre du propofol pendant longtemps sans aucun effet secondaire négatif associé ?
Dr Steve Shafer : Nous ne savons pas — les études n’ont pas été faites.
MJJC : Il n’y a peut-être pas assez d’informations pour avoir une image claire de ce qui se passait, mais nous aimerions connaître votre opinion sur ce que Murray prescrivait à Michael (depuis fin 2006), les quantités de midazolam, de lorazépam et de flumazénil que Murray achetait, et les conséquences possibles d’un tel traitement.
Dr Steve Shafer : Je ne suis pas sûr de savoir à quelles quantités vous faites référence. Je suis au courant des médicaments que Murray a achetés en 2009, mais je n’ai pas examiné son traitement antérieur de Michael Jackson, parce qu’il ne se rapportait pas directement aux questions auxquelles j’essayais de répondre au procès.
MJJC : D’après son interrogatoire de police, il semble que Murray savait qu’il ne devait pas mélanger le lorazépam et le propofol, nous sommes donc confus quant à leur utilisation conjointe. Pourquoi le Dr Murray ou qui que ce soit les mélangerait-il ?
Dr Steve Shafer : Il n’y a rien de mal à administrer du lorazépam et du propofol à peu près en même temps. Les anesthésiologistes administrent couramment du midazolam au début d’une anesthésie et du propofol quelques minutes plus tard. Le midazolam et le lorazépam sont étroitement apparentés. Il suffit de savoir que les effets sont « synergiques », c’est-à-dire qu’il faut réduire la dose de propofol quand on donne beaucoup de midazolam ou de lorazépam.
MJJC : Avez-vous une idée de la quantité de lorazépam qui lui avait été administrée et à quel moment ?
Dr Steve Shafer : Oui, il en a donné beaucoup. Les niveaux de lorazépam dans le sang étaient assez élevés pour contribuer à la cause du décès, comme l’indique le rapport du coroner et comme l’a souligné la défense. Comme l’a affirmé avec justesse la défense, la concentration de lorazépam dans son sang suffisait à endormir la plupart d’entre nous. Il y avait 8,4 milligrammes de lorazépam dans son urine d’autopsie, et 5,8 milligrammes supplémentaires de lorazépam dans l’urine récupérée sur les lieux, qui provenait vraisemblablement de la même nuit. Michael Jackson a donc reçu beaucoup de lorazépam. Cependant, comme il n’y a aucun dossier et que je ne fais pas confiance à ce que dit Conrad Murray, il est difficile d’être plus précis.
MJJC : Le Dr Kamangar a dit que la dépendance serait plus rapide si les benzodiazépines étaient administrées par voie IV. Était-ce donc un « traitement » qui l’aurait rendu très dépendant aux benzodiazépines ? Si Michael avait survécu, aurait-il pu s’en remettre ?
Dr Steve Shafer : Oui aux deux questions. La consommation de drogues par voie intraveineuse entraîne généralement une dépendance plus rapide. Quel que soit le degré de dépendance, on peut s’en remettre avec un traitement approprié. Le grand problème pour Michael Jackson aurait été de savoir s’il serait prêt à rester éloigné des sédatifs intraveineux pour le reste de sa vie. Sans changement dans les priorités de vie, il est souvent très difficile de sevrer les personnes dépendantes aux drogues.
MJJC : Après avoir passé ce qui a dû être des heures à étudier la déclaration de police de Murray, puis les preuves elles-mêmes, avez-vous été choqué par les résultats auxquels vous êtes arrivé — la quantité de propofol que Murray a dû administrer pour obtenir les résultats sanguins trouvés à l’autopsie, la tentative ratée de Murray de créer son propre goutte-à-goutte de la Tate Gallery of Modern Art, etc. ?
Dr Steve Shafer : Puisque Conrad Murray avait commandé des quantités stupéfiantes de propofol à donner à Michael Jackson, et que Michael Jackson avait une concentration anesthésique de propofol dans le sang, je m’attendais à ce que les simulations confirment qu’il avait reçu des quantités anesthésiques de propofol. C’est ce qu’elles ont fait.
MJJC : Pendant votre témoignage, vous avez déclaré que MJ avait d’abord eu un arrêt respiratoire puis un arrêt cardiaque. Le Dr Steinberg a aussi témoigné dans le même sens, d’après les propres mots de Murray (qu’il y avait des battements cardiaques/une tension artérielle quand il a trouvé Michael). Nous avons vu la défense soutenir qu’il aurait pu s’agir d’un arrêt cardiaque plutôt que d’un arrêt respiratoire en premier. Même dans le documentaire sur Murray, ils ont montré une scène entre avocats de la défense où ils prévoyaient de vous demander si un arrêt cardiaque direct était possible, mais ont ensuite décidé de ne pas poser cette question parce qu’ils craignaient votre réponse possible. Pouvez-vous en dire un peu plus ?
Dr Steve Shafer : Je ne trouve aucune preuve que le scénario décrit par la défense, un arrêt cardiaque instantané en 90 secondes, se soit jamais produit. J’ai passé des heures à chercher de telles preuves, y compris en fouillant la littérature médicale et en communiquant avec des responsables de l’entreprise qui suivaient les événements indésirables liés au propofol. À ma connaissance, cela n’a jamais été rapporté. Pas même une seule fois.
Je ne crois pas non plus qu’aucun anesthésiologiste ait jamais vu cela. Il n’existe aucun mécanisme par lequel le lorazépam et le propofol agiraient ensemble pour causer une mort instantanée. Si le juge l’avait permis, je crois que le procès aurait pu être prolongé de plusieurs années pendant que tous les anesthésiologistes des États-Unis seraient venus à la barre témoigner que ce scénario était complètement absurde.
Considérez l’absurdité de prétendre que 25 milligrammes injectés en 4 minutes étaient si sûrs que presque aucune surveillance n’était nécessaire, alors que la même dose injectée en 1 minute était si toxique qu’elle causait une mort instantanée magique ! Cela n’a aucun sens.
De toutes les déformations de la défense, l’affirmation d’une mort instantanée magique à partir d’une petite dose de propofol est la plus nuisible pour les patients. Elle est fausse. Affirmer une mort cardiaque instantanée à partir d’une très petite dose de propofol ne peut qu’accroître l’anxiété des patients qui ont besoin d’une sédation et d’une anesthésie.
MJJC : D’après ce que nous comprenons des questions de la défense et du témoignage du Dr White, la théorie de la défense sur ce qui s’est passé le 25 juin 2009 est la suivante : Murray a donné à MJ du Valium, puis 2 doses de lorazépam et 2 doses de midazolam. Comme MJ n’arrivait pas à dormir, Murray lui a donné un bolus de 25 mg de propofol. Pendant la nuit/le jour (on ne sait pas quand), MJ a avalé 8 comprimés de lorazépam à l’insu du Dr Murray. MJ se déplaçait dans la pièce même s’il avait une IV et un cathéter externe, et, avec tous ces médicaments dans le corps, il s’est auto-injecté une seringue déjà remplie et laissée sur la table de chevet qui contenait 25 mg de propofol. Que pouvez-vous dire de la version des événements de la défense ?
Dr Steve Shafer : Le point principal, c’est que cela n’a pas d’importance. Michael Jackson serait vivant si Conrad Murray n’avait pas commis de multiples violations flagrantes et inadmissibles de la norme de soins. Il administrait une anesthésie générale à Michael Jackson dans sa chambre, sans formation, sans surveillance ni renfort. Il a abandonné son patient. À son retour, son patient était mort ou presque. Cela se passe de commentaires.
Nous savons que Michael Jackson a reçu beaucoup de lorazépam. Peut-être a-t-il pris des comprimés. Peut-être que Conrad Murray lui en a donné plus par voie intraveineuse qu’il ne l’a admis. Ce que nous savons, c’est qu’il n’y avait pas assez de lorazépam non métabolisé dans l’estomac de Michael Jackson pour suggérer une ingestion récente. Nous savons qu’il y avait dans la pièce des preuves d’administration de fortes doses de propofol par voie intraveineuse. Nous savons que la quantité de propofol inchangé dans l’urine suggère l’administration de bien plus de 1 000 mg (100 ml) de propofol. Ainsi, le scénario de la défense n’est cohérent ni avec les données physiques ni avec les données d’autopsie, que ce soit pour le lorazépam ou pour le propofol.
MJJC : Dr Shafer, vous avez dit au procès que, probablement au moment du décès, la perfusion était encore en cours, ce qui expliquerait pourquoi la concentration de propofol dans le sang fémoral était si élevée. Mais le Dr White a dit qu’il doutait que le propofol puisse encore être perfusé une fois la circulation sanguine arrêtée. Pourriez-vous développer, s’il vous plaît ?
Dr Steve Shafer : J’ai affirmé que Michael Jackson était mort pendant la perfusion, ce qui explique pourquoi la concentration sanguine était aussi élevée. Il n’avait pas à mourir à la fin de la perfusion, et il n’y a aucune raison de penser qu’il l’a fait. Il est simplement mort pendant la perfusion. Le flacon de propofol de 100 ml était vide ; je m’attends à ce qu’il soit mort avant que le flacon soit vide, mais qu’au moment où Conrad Murray l’a trouvé, le flacon s’était vidé lui aussi.
J’ai été surpris que la défense prétende que mes simulations exigeaient que Michael Jackson meure à la fin de la perfusion. Il n’y avait aucune telle exigence. J’ai été déçu que Paul White les suive sur ce point.
MJJC : Dans le cas où il y aurait eu d’abord un arrêt cardiaque et non pas un arrêt cardiaque consécutif à l’arrêt respiratoire comme Murray l’a dit à la police, cet arrêt cardiaque aurait-il pu être causé par une dose soudaine élevée/rapide du goutte-à-goutte, puisqu’il n’y avait pas de pompe à perfusion pour réguler le débit du goutte-à-goutte ?
Dr Steve Shafer : Non. Le cœur est un organe assez fiable. Il peut s’arrêter soudainement, mais pas à cause de quoi que ce soit que fait le propofol. Ce qui fait s’arrêter brusquement le cœur, c’est : 1) une arythmie, typiquement due à une crise cardiaque aiguë, 2) quelque chose qui bloque complètement la circulation, comme l’injection d’une grande dose d’air, ou un caillot sanguin provenant des jambes qui bloque soudainement le flux vers les poumons, 3) l’administration d’une forte dose de potassium par voie intraveineuse, qui interfère avec l’activité électrique du cœur. Le propofol arrêtera la respiration et fera chuter la pression artérielle. Aucun de ces deux effets ne causera l’arrêt brusque du cœur. Autant que je sache, personne n’a jamais vu le cœur d’un patient s’arrêter soudainement à cause d’une dose quelconque de propofol.
MJJC : Selon les mots de Walgren lors de la plaidoirie finale, « nous ne savons pas si Michael s’est réveillé, a crié à l’aide et s’est étouffé pendant que Conrad Murray n’était pas dans sa chambre, et nous ne le saurons jamais », et selon le témoignage d’Alberto Alvarez, selon lequel les yeux et la bouche de Michael étaient grands ouverts, je voudrais vous demander : Michael a-t-il pu souffrir avant sa mort et a-t-il vraiment pu crier à l’aide et s’étouffer en mourant ? Et si non, pourquoi ses yeux/sa bouche étaient-ils ouverts s’il est mort en dormant ?
Dr Steve Shafer : Michael Jackson n’a pas souffert. Il est mort parce qu’il a cessé de respirer. Il était inconscient à ce moment-là. S’il avait été conscient, il aurait respiré.
Cela ne signifie rien que les yeux ou la bouche d’un patient soient ouverts ou fermés après la mort. J’ai assisté à la mort de mon propre père pendant la période où je témoignais. J’étais à son chevet. Il a alterné entre conscience et inconscience pendant environ deux heures avant sa mort. Ma dernière communication avec lui, un signe « OK » de la main, a eu lieu environ une heure avant sa mort. Après sa mort, j’ai remarqué que ses yeux et sa bouche étaient tous deux ouverts. Je les ai fermés.
Remarque : La partie 3 sur 3 sera publiée 24 heures plus tard — le 22 décembre 2011.
Dans les archives
Actualités liées
Découvrez d’autres articles sur ces sujets et dans les archives.
- Lenny Kravitz : Michael Jackson est le plus grand de tous les temps Lire l’article
- Questions-réponses exclusives MJJC avec le Dr Steve Shafer, partie 3 Lire l’article
- Des haut-parleurs faits à partir de la piste de danse de Michael Jackson Lire l’article
- Un livre commémoratif en cristal pour Michael Jackson Lire l’article
- Billie Jean version classique (vidéo) Lire l’article
- Les danseurs d’Immortal de Michael Jackson à X Factor (vidéo) Lire l’article
- Un coup d’œil à l’intérieur de l’exposition d’objets souvenirs de Michael Jackson (vidéo) Lire l’article
- Aidez l’auteur à terminer l’histoire Lire l’article
- Siedah Garrett chante à la mémoire de Michael Jackson Lire l’article
- Une maison pour les enfants de Michael Jackson au Liberia Lire l’article
- Un mot de Noël de Shoggerfoot Lire l’article
- Une danseuse de ballet dit que Michael Jackson était son préféré Lire l’article

