Le procès contre AEG s’ouvre officiellement : des contradictions flagrantes
Hier, le procès concernant la plainte de Katherine Jackson — la mère de Michael — et de ses trois enfants contre la société de concerts AEG (AEG) s’est ouvert officiellement à Los Angeles, et la sélection du jury a commencé.
En 2009, Michael a été tué par son médecin Conrad Murray, condamné pour homicide, deux semaines seulement avant le début de la tournée This Is It, organisée par AEG. Katherine Jackson estime que la société a engagé le Dr Murray et qu’elle est donc directement responsable de la mort de Michael. Murray a tué le Roi de la Pop par l’injection d’un anesthésique le 25 juin, à midi, il y a quatre ans.
Ce procès durera deux à trois mois. La famille Jackson souhaite que les audiences soient télévisées, et la juge devrait annoncer prochainement sa décision à ce sujet. Katherine soutient la demande de CNN de diffuser les audiences en direct, tandis que la société affirme qu’une telle démarche provoquerait le chaos chez les fans.
Par ailleurs, lors de la séance d’hier, l’avocat de la société a demandé pourquoi Katherine Jackson n’avait pas poursuivi Conrad Murray. L’avocat de Katherine a répondu que Prince et Paris, les enfants de Michael, avaient dit aux enquêteurs que Murray est une « bonne personne » et qu’ils ne voulaient pas intenter de poursuite contre lui. Katherine Jackson n’a pas non plus poursuivi Murray pour des raisons financières. À ce moment-là, la juge a dit que cette question valait aussi pour la société. L’avocat de la société a expliqué que c’était parce que Murray n’a pas d’argent pour verser des dommages et intérêts.
Il semble que la déclaration des enfants de Michael — qualifiant Murray de « bonne personne » — soit une allusion au comportement très « correct » de Murray envers la famille Jackson. Murray a refusé d’assumer la responsabilité de ses actes et de présenter des excuses à la famille Jackson. Il y a longtemps, Katherine Jackson avait dit être très affectée par les mensonges de Murray. D’un autre côté, cette déclaration des enfants de Michael peut refléter quelque chose qu’ils ont entendu de leur père : Michael faisait confiance à Conrad Murray et en avait fait son médecin personnel. Il disait à ses enfants que Murray était une bonne personne. La confiance de Michael envers Murray peut se lire dans les paroles des enfants de Michael.
La veille, les avocats de Katherine Jackson devaient se rendre en prison pour interroger Murray, mais ce projet a été annulé à la demande de Katherine et des enfants de Michael, car Murray avait juré qu’il ne dirait pas un mot.
Kevin Boyle, l’avocat de Katherine, a dit que l’affaire suivrait son cours même sans le témoignage de Murray.
Mais avant le début de la séance d’hier, Marvin Putnam, l’avocat de la société, a déclaré à CNN que Michael était responsable de sa propre mort et a révélé de nombreuses contradictions : « Je ne vois pas comment on peut ignorer la responsabilité de M. Jackson. C’était un homme adulte. M. Jackson était connu pour faire pression sur ses médecins. Il donnait des consignes contradictoires à ses différents médecins. »
Putnam a également souligné que l’affaire des accusations d’abus sexuels contre Michael, qui s’est terminée en 2005 par l’acquittement du Roi de la Pop, est liée au présent tribunal parce que la consommation par Michael de médicaments prescrits par des médecins (des sédatifs) s’était intensifiée pendant cette période.
« Cette affaire a fait augmenter considérablement la consommation de drogues de M. Jackson. »
Au sujet du témoignage des deux aînés de Michael, Putnam a dit que les avocats de Katherine Jackson avaient décidé de citer les enfants à la barre afin d’émouvoir le jury. Il a également commenté l’affirmation de l’avocat de Katherine Jackson concernant de prétendus mauvais traitements de Murray envers les enfants de Michael lors de la séance d’interrogatoire (Actualité) et a dit :
« Ils veulent faire croire au monde que nous avons maltraité ces enfants, mais regardez de plus près. Ce sont eux qui ont décidé d’amener les enfants à la barre pour témoigner. Et c’est quelque chose que, j’en suis sûr, Michael n’aurait jamais voulu. »
Il a dit que la seule faiblesse d’AEG dans cette affaire est que le jury devienne émotif à cause de la présence des enfants de Michael au tribunal.
Putnam a ajouté que Murray avait été employé par Michael pendant quatre ans et que cela n’avait rien à voir avec la société. AEG n’a fait sa connaissance qu’après que Michael a décidé que Murray serait son médecin personnel durant la tournée. Murray a signé le contrat de tournée la nuit précédant la mort de Michael, mais ce document n’avait pas été approuvé par Michael ni par la société. Toutefois, l’avocat de Katherine estime que, pour prouver la culpabilité de la société, il n’est pas nécessaire d’avoir un formulaire d’embauche.
L’avocat de la société a également dit que le salaire de Murray avait été payé par Michael pendant toute la période. Pourtant, dans un courriel divulgué provenant de la société, il est indiqué que la société est responsable du paiement du salaire de Conrad Murray. (Actualité) L’avocat de la société a dit qu’AEG n’avait agi que comme la carte de crédit de Michael Jackson, mais que les décisions étaient prises par lui personnellement.
Putnam a aussi commenté un courriel que Kenny Ortega a envoyé à Randy Phillips, PDG de la société, après une répétition de la tournée This Is It. Ortega y mettait en garde contre la grande faiblesse de Michael et écrivait qu’il avait besoin de soins médicaux dès que possible. Putnam a dit hier que Michael n’avait que la grippe :
« M. Jackson n’a pas pu faire les répétitions sur scène parce que des signes de grippe étaient visibles chez lui. Il avait froid, il frissonnait, et par conséquent il n’a pas répété ce soir-là. Ce qui inquiétait les gens, ce n’était que la grippe. »
Katherine Jackson estime que ce problème a été causé par les médicaments que Conrad Murray prescrivait à son fils.
Putnam a ajouté qu’à la suite de ce courriel, le 20 juin — cinq jours avant la mort du Roi de la Pop —, une réunion s’est tenue au domicile de Michael pour régler la question :
« M. Jackson a insisté sur le fait que sa condition physique était excellente. Il a dit : “Vous vous inquiétez pour rien. Regardez-moi, je vais bien.” »
Contrairement aux courriels précédemment divulgués montrant que la société avait des doutes sur la santé de Michael (Actualité), Putnam a ajouté hier :
« À part de petites maladies comme celle-ci, avant la mort de M. Jackson, il n’y a jamais eu de problème compliqué qui aurait perturbé et inquiété la société. Si M. Jackson n’allait pas bien, la société n’aurait eu aucun problème à reporter la tournée jusqu’à son rétablissement. Les concerts devaient avoir lieu pendant un an à l’O2 Arena, qui appartient à la société, de sorte que la société pouvait facilement retarder le spectacle. Contrairement à ce qui a été dit, la société tenait à être informée des problèmes de M. Jackson. La société n’avait pas besoin de se presser. »
Le 5 mars 2009, à Londres, Michael a annoncé lors d’une conférence de presse qu’il donnerait ses derniers concerts (This Is It) à Londres. Tôt le matin, avant cette conférence, Randy Phillips avait écrit un étrange courriel au président de la société :
« Michael s’est enfermé dans sa chambre d’hôtel. Il est découragé et il boit de l’alcool. J’essaie de le garder éveillé. Je lui ai crié dessus si fort que les murs ont tremblé. Maintenant qu’il est temps du spectacle, il est paralysé sur le plan émotionnel et rempli de haine de soi. Il est terrifié à en mourir. »
Putnam a écarté ce courriel en disant : « Randy Phillips a été fortement influencé par M. Jackson. Ce jour-là, il a rencontré un homme très engagé, enthousiaste, intelligent et compréhensif. »
Selon Putnam : « M. Phillips a eu des rencontres limitées avec M. Jackson, mais il a interrogé le personnel de la tournée à son sujet, et chaque fois on lui a dit que M. Jackson était extrêmement engagé dans son travail, très désireux de faire la tournée et en excellente forme. »
Putnam affirme que les courriels en question ont été choisis parmi de nombreux courriels et agencés de manière à refléter le message voulu par Katherine Jackson, et non la vérité.
Putnam a aussi dit que la société n’avait aucun doute au sujet de Murray : « Il avait le droit d’exercer la médecine dans quatre États, il n’a jamais été réprimandé, et il n’y avait aucun problème. »
Randy Phillips l’a rencontré une fois, l’a jugé compétent et s’est réjoui que Murray ne semble pas être un opportuniste flatteur.
Cette conversation fait partie d’un documentaire intitulé « Michael Jackson : The Final Days », qui sera diffusé sur CNN vendredi prochain.
Source : eMJey.com / CNN et huffingtonpost
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